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Chapitre 5

Le moment des adieux était arrivé.

Nous attendions nos bagages devant un tapis roulant de l’aéroport Charles de Gaule. Julien et sa famille, Stéphane et David avaient fait le voyage dans le même avion que nous. Julien repartait le soir même vers sa Rochelle natale, Stéphane et David ne repartaient que le lendemain en TGV vers Montpellier. On leur proposa de les héberger pour la nuit dans notre chambre de bonne parisienne, ce qu’ils acceptèrent. Nous allions être serrés dans le lit mais c’était très bien comme ça.

Pendant le vol Stéphane et moi avions voulu tester le confort des toilettes. Celles de première classe, plus spacieuses, étaient trop peu fréquentées, nous rabattîmes alors vers celles au centre de l’appareil, le coté exhibitionniste de la chose augmentant notre excitation. Il fallait voir la tête de la dame lorsque la porte s’ouvrit sur deux garçons dont un avait le visage balafré par une coulure de sperme. Sans la quitter du regard je sortis ma langue et lécha la goute qui ornait ma lèvre supérieure en lui faisant un grand sourire qui manqua de peu de la faire choir sur son postérieur.

Je pris congé des parents de Julien et de son petit frère, puis, une main derrière sa nuque, je déposai un baiser langoureux sur les lèvres de Julien. Sa mère, que je vis par-dessus son épaule alors que je faisais pénétrer ma langue entre ses lèvres, en resta interloquée. Elle poussa un gémissement lorsqu’Alexandre suivit mon exemple. On l’entendit haleter à la recherche d’air lorsque ce fut le tour de David qui, en plus, frotte son bassin virilement sur celui de Julien. Le coup de grâce vint de Stéphane qui ne se contenta pas de lui rouler une pèle magistrale mais qui lui prit le paquet à pleine main et le malaxa énergiquement. Ce fut son père qui évita la chute de sa mère en la soutenant par les aisselles. La braguette de Julien ne cachait plus sa terrible érection.

- Je dois allez faire pipi, dit-il.

Et il s’éloigna rapidement en tirant Stéphane par la main, nous laissant rire de la situation. Ils revinrent quelques minutes plus tard avec d’immenses sourires béats, Julien remettant sa chemise dans son pantalon, Stéphane passant langoureusement sa langue sur ses lèvres, savourant le gout du sperme. La mère de Julien était amorphe, affalée sur un siège.

Mais, même les meilleures choses ayant une fin, nous nous séparâmes après une nouvelle embrassade, pourquoi s’en priver, surtout après avoir constaté l’effet produit qui était au moins aussi excitant que le baiser lui-même ? Julien et sa famille prirent un taxi direction gare Montparnasse et nous le suivant en compagnie de Stéphane et David, direction Paris centre.

***

J’avais raconté à Alexandre mon expérience avec Stéphane et David et expliqué pourquoi je l’avais fait sans lui en parler avant. Comme toujours, Alexandre fut merveilleux de compréhension, décidément ce garçon était parfait, et curieux. Il aurait beaucoup aimé voir le matériel qui avait servi pendant cette séance mais notre départ proche ne nous l’avait pas permis à l’hôtel. La chose allait être réparée ce soir, dans notre studio, en présence des experts Stéphane et David.

La curiosité est-elle un vilain défaut ? Alexandre voulait connaitre ce que j’avais connu. Il demanda à être attaché. J’avais peur pour lui. Ce que j’avais vécu était extraordinairement excitant mais ça n’en restait pas que c’était extraordinairement violent.

- Oui ! La même chose !

- Bon, bon, ok ! On va se fixer un mot secret. Quand tu voudras qu’on arrête tu le diras.

- T’avais un mot secret toi ? me demanda Alexandre.

- Ben, heu ! Non.

- Alors moi non plus.

- Tu déconnes ! Je veux pas qu’ils te fassent ça ! Ça fait hyper mal.

Alexandre était curieux mais têtu aussi. Il ne lâcha pas et en peu de temps il se retrouva attaché comme une dinde, le cul en l’air, tout comme je l’avais été quelques jours plus tôt. Je dis à David et Stéphane d’y aller mollo. Alexandre se mit à grogner sous son bâillon et ses mouvements nous firent comprendre qu’il voulait parler. Affolé je me précipitai pour lui retirer le bâillon.

- Non, non, non ! Je veux pas qu’ils y aillent mollo. Je veux qu’ils y aillent comme ils ont fait pour toi. Ok ?

La peur me serra les couilles quand je lui répondis ok.

- Et je veux pas que tu m’enlèves le bâillon quand t’en as envie comme tu viens de le faire. Une fois mis on doit pas l’enlever jusqu’à la fin. Ok ?

David et Stéphane me regardaient en souriant. Je n’en menais pas large. Je voulais lui faire plaisir mais je n’étais pas du tout sûr que ce qu’ils allaient lui faire lui fasse plaisir. J’avais plus peur que lui.

- Mais… Tu sais pas ce que c’est…

- Toi non plus, me coupa-t-il, tu savais pas avant la première fois.

Ses arguments étaient imparables et il ne servait à rien que je continuasse à tergiverser.

- Il vaudrait peut être mieux que t’ailles boire un verre au bistrot du coin, proposa David.

- Oui ! Voila ! Il a raison ! Va boire un coup et je t’appelle dès qu’on a fini.

Mais je ne voulus pas, je ne pouvais laisser Alexandre entre ces mains impitoyables alors je promis de rester dans mon coin et de ne plus les gêner.

- Ok ! Alors attachez le et bâillonnez le aussi, demanda Alexandre.

Complètement paniqué je me laissai faire. N’ayant qu’un seul bâillon ils m’enfoncèrent le slip sale de David dans la bouche et firent plusieurs tours de ma tête avec un ruban adhésif. Puis ils me font assoir sur une chaise devant la porte et ils m’y fixèrent les chevilles et les poignets avec le ruban. Stéphane remit le bâillon dans la bouche d’Alexandre et l’attacha dans sa nuque.

La séance commençait. Stéphane et David s’en donnaient à cœur joie, excités par les expressions de souffrance d’Alexandre. Mon ventre se noua et l’apitoiement m’assaillit à cette vue. Je voulais le protéger et je ne le pouvais pas. Je ne pouvais que gémir et tenter de pousser des cris étouffés mais ça ne servait à rien. J’avais le sentiment qu’ils allaient tuer mon Alexandre et s’il mourrait quelle serait ma raison de vivre ? Je me débâtis mais David, qui m’avait attaché, était un expert. Je ne pouvais me défaire de mes liens.

J’avais vue sur la croupe d’Alexandre, ses couilles serrées et tendues. Au delà je voyais se balancer les poids au bout des pinces qui mordaient cruellement ses tétons. Je ne voyais pas sa tête mais je connaissais sa souffrance par ces mouvements désordonnés lorsqu’il tentait d’éviter les coups.

Stéphane se saisit d’une chaussure par la pointe et tapa sur les couilles d’Alexandre avec le talon. Son cri, bien qu’étouffé par le bâillon, fut fort et ses mouvements convulsifs continuèrent un bon moment après le coup de talon démontrant, s’il le fallait encore, la souffrance qu’il endurait.

Quand enfin il se calma un autre coup s’abattit lui arrachant un nouveau cri. Puis, dans le moment de répit qui suit, on l’entendit tenter de parler. Les mots en était presque incompréhensibles mais je reconnais aisément « stop », « assez », « arrêter ».

David et Stéphane se regardèrent.

- Qu’est qu’il dit ?

- Chais pas, j’comprend rien !

- mmmm, mmmm, s’échappa de ma bouche quand je tentai de leur dire d’arrêter.

- Ben voila l’autre qui chante maintenant.

Et ça les fit rire tous les deux. Je ne rigolai pas. Jamais j’aurai du accepter cela, j’en étais mortifié. Stéphane qui n’avait pas lâché la chaussure caressa du talon la peau des bourses d’Alexandre puis il la leva pour prendre de l’élan. Mon « mmmm » ne l’arrêta pas, le talon s’abattit pour la troisième fois sur les couilles endolories d’Alexandre dont le hurlement étouffé et les gesticulations ne s’arrêtaient plus.

- On fait quoi ? Demanda Stéphane.

- Il a bien précisé qu’il voulait qu’on aille jusqu’au bout.

- Ouais, mais là je pense qu’il a changé d’avis. On lui demande ?

- Non ! Il a dit qu’il voulait pas qu’on lui retire le bâillon.

- Ok, on lui demande.

Stéphane détacha le bâillon et le retira de la bouche d’Alexandre. Celui-ci se fâcha

- J’avais dit de pas me retirer le bâillon.

- Ok, ok !

- Et puis arrêtes de tapoter comme une fillette.

Stéphane et David se regardèrent interloqués. Ils hésitèrent un instant.

- Je croyais que vous étiez sadiques mais en fait vous êtes de marioles.

Il est fou. Alexandre est fou, me dis-je. Il les provoque dangereusement. Je savais combien c’était douloureux et je voyais bien qu’ils retenaient leur coups jusqu’à présent, qu’ils ne faisaient que tapoter, et déjà tout montrait qu’ils étaient trop fort pour Alexandre puisque je l’avais clairement entendu demander d’arrêter malgré le bâillon qui brouillait les mots. Il jouait là à un jeu très dangereux.

- Je croyais avoir à faire à des experts… Quelle déception ! Des rigolos !

- Ok, dit David en lui remettant le bâillon. Tu l’auras voulu.

- Pff, je suis sûr que vous allez encore vous contenter de chatouilles, eut-il le temps de dire avant que le bâillon le réduise au silence.

David rassembla les deux couilles d’Alexandre dans la paume de sa main gauche, prit la chaussure de la main de Stéphane et donna deux coups du talon sur les fragiles bijoux qu’il avait en main. Stéphane se pencha et ramassa la deuxième chaussure par la pointe et, à son tour, frappa sur les couilles dans la main de David.

Les hurlements d’Alexandre, bien qu’étouffés, étaient forts et constants ; ses contorsions pour tenter de s’extraire à cette douloureuse situation vaines. David le tenait par les couilles au sens propre, et ça leur permettait de viser la cible et d’asséner tous les coups droit au but. La cadence était impitoyable, lorsque David soulevait la chaussure pour prendre de l’élan c’est celle de Stéphane qui s’abattait et inversement. Alexandre tenta d’échapper à ce supplice en basculant sur le coté mais les bourreaux avaient anticipé et le bloquèrent et les coups continuèrent. Il plia les genoux pour tenter de cacher ses vulnérables couilles entre ses jambes mais ils eurent vite fait de mettre sous son ventre et entre ses bras plusieurs coussins qui le maintenaient en l’air. Puis il tenta de tendre ses cuisses pour culbuter par-dessus tête et ils s’assirent sur ses jambes le clouant définitivement dans cette position atroce. Le piège s’était refermé sur Alexandre mais il l’avait voulu. Ses hurlements continus étaient désormais au seuil entre la douleur et la panique.

- Alors c’est ça que tu voulais ? Demanda Stéphane.

Mais Alexandre ne pouvait pas répondre. Il hurlait, on entendait clairement qu’il les implorait d’arrêter mais eux firent la sourde oreille.

- Je pense que ça le chatouille encore, dit David. Je crois qu’il faut y aller plus fort.

Stéphane fut déconcerté. Il suspendit sont prochain coup et scruta David dans les yeux. Il savait que les coups qu’ils portaient étaient suffisamment forts, bien trop forts même pour beaucoup d’individus, et qu’Alexandre ne faisait pas semblant d'avoir mal. Pendant ce court répit, je distinguais clairement les mots étouffés « stop » et « assez » entre les pleurnichements d’Alexandre.

- Tu veux qu’on y aille plus fort ? Demanda David à Alexandre.

Le « non » était clairement compréhensible, suivi d’un « assez ».

- J’ai pas compris.

- Fallait pas nous traiter de fillettes, dit David. Puis, il demande à Stéphane, plus fort ?

- Oui répondit-il.

- Nooooooooooooooooooon ! Entendis-je sous le bâillon.

De là où je me trouvais je ne pouvais ignorer qu’Alexandre bandait comme un taureau. Les coups et la douleur n’avaient pas fait régresser l’érection d’un poil, et elle ne disparaitrait plus maintenant que David lui avait saisi la bite et le masturbait tout en cognant de plus en plus fort et impitoyablement sur les couilles offertes à son sadisme.

Les cris se transformaient insensiblement, désormais je ne reconnaissais plus la souffrance mais l’approche de l’orgasme dévastateur qui se préparait. Ils étaient plus discrets, comme le calme avant la tempête, comme l’œil du cyclone. Un moment d’apnée et de tétanie pendant lequel le seul bruit que l’on entendait était le battement régulier des semelles sur les couilles, alors que la pression montait et que la soupape de sécurité allait lâcher, et … elle lâcha.

Le cri fut gigantesque, le bâillon ne suffit pas pour l’étouffer. Alexandre bondit dans tous les sens, secoué par un orgasme titanesque qui dura et dura encore comme s’il ne devait jamais finir. Je vis des flots de sperme se déverser sur le matelas et je pensai bizarrement qu’on allait être trempés pour dormit tout à l’heure. David avait lâché sa chaussure et poursuivit la traite du pis d’Alexandre jusqu'à en extraire tout le lait. Stéphane continua à taper quelques coups pour accompagner la jouissance folle d’Alexandre. Puis tout se calma dans un long râle.

Le bâillon d’Alexandre retiré, celui-ci continua à râler, l’orgasme l’avait épuisé, anéanti. Il mit plus d’une minute pour émerger. Stéphane et David s’affairaient pour le détacher et l’allongèrent, amorphe, sur la couche. Sa respiration se calmait petit à petit. Il n’avait pas encore dit un mot. Il reprenait ses esprits.

- On va s’occuper de l’autre maintenant ? Demanda Stéphane.

L’autre c’était moi. Je bandais déjà en prévision de ce que je pensais subir. Mais je ne subis rien, pas ce soir du moins. Ils me détachèrent et je rejoignis Alexandre sur le lit pour le câliner et m’inquiéter de son état. Il allait bien.

Avant de nous coucher David, Stéphane et moi baisâmes de la façon la plus classique qui soit. Alexandre, qui n’avait plus de forces, nous contempla assis par terre dans un coin. Puis nous nous couchâmes tous les quatre serrés dans le lit détrempé par les flots d’Alexandre pour une nuit de sommeil réparateur rempli des rêves les plus fous.

***

Pendant notre long séjour dans les iles Monsieur Claude s’était occupé de mes affaires avec un succès inespéré. Les hommes présents lors du meurtre et de la tentative d’assassinat dont j’avais été victime étaient des hommes riches, influents, bien en vue et qui ne pouvaient se permettre un scandale de mœurs et encore moins avec un homicide. Ils rechignèrent longtemps puis ils s’allongèrent. Par rapport à leur fortune ce qu’ils allongèrent est bien peu, quelques repas chez Maxim’s en moins suffiraient à en compenser les pertes. Mais pour moi, ça représentait beaucoup, surtout en cumulant la contribution de chacun.

Monsieur Claude me montra donc le résultat de ses négociations qui, pour ne pas être suspectées par le fisc, se présentaient sous la forme d’une clé : et d’un joli papier portant le titre de propriété. Un notaire faisant partie des impliqués avait réalisé la transaction avec l’argent collecté. Le reste était déposé sur un compte en Suisse.

Comme un jeune marié, j’étais sur le seuil de notre nouvelle propriété avec Alexandre à mes cotés. Comme je l'avais vu faire dans les films américains, je pris Alexandre dans mes bras pour franchir le seuil en faisant attention à ne pas lui cogner la tête aux montants de la porte, c’était un film romantique et non comique. Je découvrais un magnifique appartement de quatre-vingt mètres carrés dans un superbe bâtiment ancien rue des Francs Bourgeois. Moi qui était clochard il y avait peu me voila bourgeois dans un des plus beau quartiers de Paris.

La contribution de ces messieurs avait même permis de meubler intégralement l’appartement. La décoration n’était pas vraiment à notre gout. Je connaissais déjà les goûts « grand-mère » de Monsieur Claude, ils étaient sublimés ici. Peu importe ! La déco, ça se change.

Le sol de l’appartement était un magnifique parquet de chêne ancien et massif en point de Hongrie. L’entrée donnait sur un couloir qui desservait les deux chambres, la cuisine, la salle de bain et le grand salon. Au milieu du salon trônait un canapé et deux fauteuils à fleurs et à franges du plus mauvais gout mais qui devaient valoir une fortune. La table basse en teck était superbe quand à elle, tout comme la commode et la télé à écran plan d’une taille impressionnante accrochée à un mur. Les tentures aux fenêtres allaient être changées en priorité pour préserver ma santé mentale.

Les autres pièces étaient à l’avenant, certains meubles étant d’une beauté rare, d’autre d’une laideur tout aussi rare. Mais peu importe, nous étions, Alexandre et moi, chez nous. J’avais demandé à Monsieur Claude que le titre de propriété portât les noms d’Alexandre et de moi. Il me l’avait fortement déconseillé mais j’avais tenu bon.

Notre aménagement ne prit pas beaucoup de temps étant donné le peu de choses que nous possédions. Nous lâchâmes notre chambre de bonne au grand désespoir de mon ancien employeur qui venait régulièrement y vider le pot de chambre.

- Nous ferez-vous encore le plaisir de venir faire le ménage de temps en temps ? me demandèrent-ils.

- Le plaisir sera pour moi. Alex, tu voudras m’accompagner ?

- Peut être, répondit-il.

- Nous n’avons jamais eu de si bon locataire que vous.

Alexandre allait reprendre la fac. Quand à moi, il allait bien falloir que je m’occupe. Nous étions à l’abri du besoin pour un bon moment mais ça ne durerait pas éternellement. Je n’avais plus le cœur de reprendre mes anciennes activités, sauf si elles promettaient d’être du même acabit que la dernière, sans l’assassinat et la déconvenue finale toutefois. Les clients de Monsieur Claude étaient plutôt des hommes d’affaire fortement autoritaires et dominateurs dans leur travail de tous les jours et qui compensaient cela en désirant être dominés. Il y en avait bien deux ou trois qui cherchaient un esclave sexuel et qui avaient la confiance de Monsieur Claude ; il me loua à eux régulièrement.

Nous parlâmes beaucoup Alexandre et moi sur ce qui m’était arrivé et sur son expérience récente. J’avais désormais besoin de ça pour alimenter ma libido et j’étais conscient qu’il me faudrait des séances régulièrement pour relancer la machine. Alexandre s’était avoué incapable de me les donner ; jamais il ne pourrait me faire le moindre mal. De son coté, bien qu’il ait aimé la session avec David et Stéphane, il n’en ressentait pas pour autant le besoin de la renouveler sans qu’il n’exclue de le faire un jour.

Je commençai à surfer sur les sites de rencontre hard du net et à entamer des conversations sans aller jusqu’à rencontrer mes contacts. Je compris vite que certains n’étaient là que pour fantasmer. Les autres me faisaient encore un peu peur et mon besoin n’en était pas encore au point qu’il me faille faire une séance. Peut être même que je n’aurai jamais besoin de rencontrer quelque inconnu, ce qui me ferait rejoindre alors le club des « fantasmeurs » qui ne passent jamais à l’acte.

Alexandre était, comme à son habitude, parfait de compréhension. Sans m’encourager à sauter le pas il ne me faisait pas la morale. Quelle morale d’ailleurs ? Celle qui consiste à vivre malheureux une vie ici bas dans l’espoir d’aller au paradis tout en se persuadant qu’on n’est pas malheureux mais qu’au contraire on est bienheureux (simplet serait plus approprié) ? S’il ne pouvait me donner ce dont j’avais besoin il ne voyait aucun mal à ce que j’aille le chercher où je le trouverai. J’avais sa bénédiction. Il me recommanda uniquement d’être prudent et je lui promis que je le serai.

***

- Slt

- Salut.

- moi TBM 16cm ch bon Q.

- Bonne chance.

Certains allaient vraiment droit au but sur ce genre de sites. Très bien monté de seize centimètres ? Certains n’avaient peur de rien non plus. Untel se décrivait JH (jeune homme) mais l’âge qu’il affichait sur son profil dépassait les cinquante. Un autre n’avait aucun « taboo » (ça faisait « chébran » de remplacer « ou » par « oo », mais peut être que certains ne savaient vraiment pas comment ça s’écrit) mais ne faisait ni ci, ni ça, n’aimait ceci pas plus que cela.

« bn bzr ch bn lp pr lui DfonC Q é gl v ttbm dc ti » Il me fallait parfois cinq minutes avant d’abandonner ma tentative pour déchiffrer une annonce. Que certains se cassent la tête pour écrire en condensé quand il s’agit d’envoyer un message dont le nombre de caractères est limité, je pouvais le comprendre, encore faudrait-il qu’ils s’assurent que leur message puisse être compréhensible. Mais lorsqu’on pouvait mettre autant de caractères que nécessaire et que par paresse ou par bêtise on pondait un baragouin impénétrable, je trouvais ça aberrant.

- lut

- salut

- ça va ?

- oui et toi ?

- aussi merci. Tu ch koi ?

- dial pour commencer

- ok. Tu vx causer de koi ?

- t’aime koi ?

- dans kel domaine ?

- sex

- tout et toi ?

Quand on me répondait tout c’est qu’en général on n’aimait pas tout.

- j’m être soumis

- soumis comment ?

- attaché, torturé, bailloné.

- j’aime pas dsl. Bye

***

RV84 : Salut

Moi : Salut

RV84 : ça va ?

Moi : ouais et toi ?

RV84 : bien merci

Moi : 84 c ton age ?

RV84 : lol non c l’année de ma naissance

Moi : ça te fait bcp plus jeune

RV84 : lol oui

Moi : tu ch koi ?

RV84 : dial, faire connaissance, etc. et toi ?

Moi : un peu pareil

RV84 : cool. tu fais koi dans la vie ?

Moi : suis étudiant et toi ?

RV84 : je bosse dans un boutique de fringues

Moi : t’as un copain ?

RV84 : non, toi ?

Moi : oui

RV84 : t’es fidèle ?

Moi : lol, je croyais que tu ch dial

RV84 : lol dial et etc.

Moi : lol, ect. ça veut dire baiser ?

RV84 : lol, pas obligé

Moi : ok, on est open coté sex

RV84 : cool

Moi : lol ;-)

RV84 : lol t’m quoi ?

Moi : dans kel domaine ?

RV84 : devine lol

Moi : lol, j’aime etre soumis

RV84 : cool, c ton mec le domi ?

Moi : non il est trop doux, il aime pas me faire mal

RV84 : t maso aussi ?

Moi : lol oui

RV84 : et puis ?

Moi : t bien curieux

RV84 : lol oui

Moi : toi t’m koi ?

RV84 : je suis plutot domi mais j’ai jamais pratiqué

Moi : peut être que je serai ton premier

RV84 : mmmmmm

Moi : lol

Nous discutâmes longuement RV84 et moi. Notre conversation était encourageante ; il paraissait sincère et sympathique. Il venait de finir ses études de commerce à Paris et était encore à la recherche d’un premier emploi. Il était pédé depuis sa tendre enfance, ses parents étaient au courant depuis qu’il leur avait dévoilé à l’âge de quinze ans et n’avaient pas fait de scandale particulier. Il était bien accepté dans sa famille et tout ce passait pour le mieux avec ses frères et sœurs. Il n’avait jamais rien pratiqué de « hard » mais il était de plus en plus attiré par ce coté de la sexualité. Il voulait commencer progressivement et en douceur avec un esclave qui se soumettrait à lui mais il se disait ne pas être encore totalement prêt. Nous échangeâmes nos photos. Il était réellement très mignon, avec ses yeux bleus coquins, ses cheveux blonds et son sourire d’ange. J’avais du mal à l’imaginer dans le rôle du maitre tant il semblait doux mais je savais bien que les apparences sont souvent trompeuses. Nous avons aussi parlé de notre vie privée. Il savait que j’avais Alexandre que j’aimais au delà de tout et que tout ce que nous pourrions faire ne le serait qu’avec son consentement. Lui était « célibataire ». Il savait aussi qu’Alexandre n’était pas hostile à participer à une éventuelle rencontre dans le rôle de l’esclave, comme moi. Deux esclaves d’un coup ça paraissait beaucoup à RV84 pour une première expérience. Nous en restâmes là et nous dialoguâmes régulièrement sur internet par la suite. Il n’avait malheureusement pas de webcam ce qui nous aurait permis de nous voir bouger et agir mais peu importe, les conversations que j’avais avec lui étaient très agréables et un début d’amitié commençait à naitre entre nous.

Entre temps la vie suivait son cours. Alexandre était retourné à la fac et je l’avais imité sans grande conviction. Les cours que je suivais ne me passionnaient guère et je me demandais chaque jour pourquoi j’y retournais et combien de temps j’allais tenir mais il fallait bien que je m’occupe et que je pense à l’avenir. Peut être que l’année suivante je devrai chercher une branche qui me plut plus.

Sexuellement, entre Alexandre et moi, ça ne se passait pas si bien que ça. Petit à petit je sentais venir le besoin d’une petite séance spéciale. Mon érection était de plus en plus difficile à venir, il me fallait convoquer tous mes fantasmes pour y parvenir. Ce qui faisait que je donnais mes fesses à Alexandre plus souvent qu’à son tour. RV84 n’étant pas encore disposé à passer à l’acte, je pris d’autres contacts pour me satisfaire. Dans un souci de sécurité bien naturel, Alexandre insista pour m’accompagner et m’attendre afin de me secourir si c’était nécessaire.

***

Un soir nous rencontrâmes mecdomitbm, un spécialiste du bondage sous toutes ses formes, disait-il. Un gars de trente cinq ans avec beaucoup d’expérience. De devant son immeuble on l’appella comme convenu pour qu’il nous donne le code d’entrée. On monta les trois étages d’un escalier étroit et sombre, il nous attendait derrière une porte entrouverte. J’eus du mal à croire à ses trente cinq ans, son doigt aurait-il ripé sur le clavier au moment de taper le chiffre des dizaines ? Qu’importe, je m’y attendais, je savais que c’était habituel sur internet que de mentir sur son âge. Il était nu, seulement habillé d’un harnais de cuir faisant office de cockring au niveau de son sexe et en le voyant j’eus plus de mal encore à comprendre comment son doigt avait pu taper par erreur la touche T si éloigné du I comme du B lors de la création de son pseudo. Peut être que son pseudo se divisait en : mec, domit et bm, mais même ainsi ça semblait prétentieux. Mais qu’importe encore, ce n’est pas la taille qui compte mais la façon dont on s’en sert.

Nous entrâmes et il sortit son matériel qui se résumait en quelques cordages dépareillés bien insuffisants pour ligoter convenablement quelqu’un. Je me prêtai au jeu malgré tout et je me laissai attacher. Une bonne surprise m’attendait à ce stade, il sortit d’une poignée de pinces à linge qu’il disposât sur mon corps et mon sexe. Tout ceci restait tout de même bien décevant. Alexandre évoqua les bougies et notre mecfantasmeurpm (pour petitement membré) se réveilla et se souvint qu’il en avait quelques unes qui devaient trainer dans un quelconque tiroir.

Je racontai quelques jours plus tard mon aventure à RV84, il me répondit qu’il risquait d’être aussi décevant et que si jamais on venait à se rencontrer un jour il faudrait que je sois indulgent avec lui. Je le rassurai de l’être et qu’il sera sans aucun doute bien plus stimulant que celui que je venais de rencontrer, lui au moins est mignon et pas prétentieux. Il accueillit avec enthousiasme mon conseil d’acheter plusieurs mètres de cordes et d’apprendre à faire des nœuds sur les sites spécialisés du web. Quelques jours plus tard il me dit qu’il s’était exécuté et qu’il maitrisait désormais plusieurs nœuds intéressants et faciles à réaliser. Il me demanda ce qu’il pourrait acquérir d’autre et on se mit d’accord pour acheter chacun à notre tour quelques ustensiles utiles à notre passion. Petit à petit ma confiance en lui augmentait mais lui n’était pas pressé pour passer à l’acte, il lui restait une certaine appréhension. Nous décidâmes de rester en contact sur internet et de laisser faire les choses. Il était enchanté par ma patience et m’en remercia beaucoup.

***

De mon coté je recherchai d’autres contacts avec plus de soin que le premier. Le second, Eric, fut plus satisfaisant. Tout d’abord il ne trichait pas sur son âge. Il avait la quarantaine bien avancée et avait été jadis esclave pendant de longues années avant de développer, depuis une dizaine d’années, une envie de dominer. Il savait donc ce qui devait être fait et comment le faire. Il avait pratiqué en recevant puis en donnant de nombreuses fois. Nous ne parlâmes pas de la taille de son membre alors qu’il aurait pu s’enorgueillir d’un ou plusieurs T dans sa description. Si le précédent, qui se disait déjà TBM, avait été doté comme celui-ci il aurait certainement multiplié par cinq ou six le nombre de T. Eric m’avait envoyé une photo du matériel dont il disposait et qui faisait rêver le soumis que je devenais. Moi-même j’avais fait l’acquisition quelques gadgets que je lui menai pour qu’il les testât sur moi. Il n’était pas beau à vrai dire mais bien conservé. Son petit embonpoint ne nuisait nullement à son sex-appeal. Ses cheveux courts et grisonnants lui donnaient un petit air pervers qui m’excitait beaucoup et que son bouc, entièrement blanc complétait avec bonheur.

Il m’attacha de façon professionnelle, les chevilles aux hauts des cuisses, les genoux bien pliés, les bras dans le dos, poignets joints, coudes aussi rapprochés que possible. Il m’équipa d’un harnais de tête muni d’un anneau au haut du crâne et qui lui permet de placer dans ma bouche toute sorte de bâillons différents, gonflable, à tube, équipé d’un pénis en latex qui interdisait toute parole ou de deux pénis, un pour l’intérieur de la bouche l’autre à l’extérieur pour un quelconque cul qui voudrait s’y empaler. Il attacha une ficelle à mes couilles serrées qu’il relia à l’anneau de l’harnais ; tendue entre mes fesses elle tirait ma tête à la renverse. J’étais sur le ventre en totale érection attendant le doux supplice qui allait suivre. Il plaça une rangée de pinces à linge sur mes flancs. Il commença à mes aisselles, descendit de chaque coté de mon tronc jusqu’à mes fesses, fit un S sur celles-ci remontant sur mes fesses pour redescendre entre elles et continue à l’intérieur de mes cuisses. Toutes ces pinces étaient reliées par une ficelle qui permettait de tirer dessus et d’améliorer ainsi le supplice. Elles m’échauffaient la chair et, comme chacun le sait, elles allaient occasionner une douleur d’autant plus vive qu’elles seraient restées longtemps à pincer.

Eric laissa les pinces faire leur travail et s’empara d’une bougie qu’il alluma et dont il fit couler la cire sur mon dos, mes omoplates, mes fesses et tout particulièrement mes couilles tendues par la ficelle qui les reliait au sommet de mon crâne. Mon membre, en totale érection, frottait voluptueusement contre le drap, aidé par les mouvements que la douleur me faisait accomplir, me rapprochant chaque fois un peu plus de l’orgasme. Je voulais me soustraire à cette cire bouillante qui coulait maintenant sans discontinuer sur mes couilles ; la douce brulure allait me faire jouir lorsque subitement Eric reposa la bougie. Il se plaça devant mon visage, retira le bâillon qu’il m’avait placé et présenta son membre démesuré à ma bouche gourmande. Évidement que je ne fis aucune difficulté pour l’ouvrir et engloutir autant que je pouvais ce sexe délicieux mais Eric n’était pas satisfait, la taille et la courbure de sa verge ne lui permettait pas de l’enfoncer bien loin dans ma bouche, elle butait au niveau de ma glotte. Le passage serait certainement plus ouvert si j’étais sur le dos plutôt que sur le ventre, il s’amusa tout de même un bon moment à baiser ma bouche et je m’en délectais.

Il se saisit d’un petit anneau à l’extrémité de la ficelle qui reliait ensemble les pinces à linge qu’il m’avait placé sur le flanc droit et la tendit à plusieurs reprises m’occasionnant des gémissements de douleur, puis, sans prévenir, d’un coup sec et précis, il tira vivement faisant sauter les pinces les unes après les autres jusqu’à les avoir toutes arrachées de ma peau. La douleur fut énorme, intense et inattendue et je poussai un monstrueux cri de douleur. J’avais instantanément et totalement débandé tant la douleur était puissante et durable et mes cris ne s’arrêtaient pas malgré l’ordre qu’il me donnait de cesser. Il se saisit alors d’une cravache et entreprit de taper sur mes couilles tendues, faisant sauter la couche de cire qui s’y était formé en refroidissant, comme une carapace. Il me menaça de continuer tant que je ne me tairais pas, alors je serrai les dents et je fis silence. Il se saisit ensuite de l’anneau sur l’autre ficelle, celle du flanc gauche, et me fit sentir sa puissance en tirant légèrement dessus avant de réitérer ce qu’il venait de faire et d’arracher toutes les pinces d’un coup brutal me faisant pousser à nouveau des hurlements de douleur.

Il me retourna sur le dos, ou plutôt sur mes bras, car ils étaient attachés au centre de mon dos, et sur les jambes qui étaient repliées sous moi, ma tête hors du matelas, et recommença à placer les pinces qu’il venait d’arracher en zigzag sur mon torse et mon abdomen, descendant pour finir entre mes cuisses. Puis il me présenta à nouveau sa bite à sucer. Je ne pouvais desserrer mes dents tant la brulure sur mes deux flancs était encore vive mais elle s’apaisait progressivement et bientôt je pus prendre ce magnifique membre dans ma bouche. Il y pénétra lentement mais inexorablement jusqu’à buter à nouveau sur ma glotte, alors, d’une main il tordit un peu plus mon cou vers l’arrière pour dégager ma gorge et réussit à passer l’obstacle. Ma nausée subite le força malgré lui à se retirer. Il allât alors dans la salle de bains chercher des serviettes qu’il plaça au sol et sous mes épaules, puis il me redonna sa bite, s’enfonça jusqu’à la garde et commença à me pilonner la gorge. J’avais l’impression que son gland baignait dans mes sucs gastriques tant il s’enfonçait loin. En butant sur ma glotte il devait lui rester au bas mot huit centimètres à l’extérieur de ma bouche, certainement plus, et maintenant il écrasait ses couilles sur mon nez. Il me maintenait la tête d’une main ferme derrière la nuque, et de l’autre main il se saisit de la ficelle et la tendit pour actionner les pinces. Ce membre qui m’irritait la gorge ne tarda pas à me donner envie vomir. J’eus beau lutter pour ne pas laisser la nausée s’installer ce fut en vain, le reflexe de régurgitation devint trop important, il ne se passa pas beaucoup de temps avant que tout le contenu mon estomac ait envie de remonter. Je tentai alors désespérément de me dégager pour éviter la catastrophe mais Eric renforça la prise sur ma tête pour m’empêcher d’expulser son membre, ni même d’aller si profond. Il restait enfoncé de toute sa longueur et se laissait branler par les convulsions de ma gorge luttant contre la nausée. Alors ce qui devait arriver arriva, je vomis. Au même moment il arracha toutes les pinces d’un coup vif sur la ficelle. Et je fus emporté par un orgasme intersidéral, dans un plaisir démultiplié par les douleurs que mon corps subissait.

Lorsque je racontai à Alexandre ma séance chez Eric en détails, l’érection me vint et je pus satisfaire ses envies d’être pris. Nous jouîmes délicieusement l’un dans l’autre, nos bouches soudées dans un profond baiser amoureux. Il comprenait à quel point j’avais besoin régulièrement de ces séances et ne s’opposait pas à ce que je les renouvelasse régulièrement.

***

En ce dimanche superbe d’octobre ensoleillé nous décidâmes, Alexandre et moi d’aller flâner dans les jardins publics de la capitale. Alors que nous nous préparions il me prit une fantaisie que, malgré la honte qu’elle m’inspirait, je racontai à Alexandre. L’excitation se mêlait parfois à des choses incompréhensibles. Je demandai à Alexandre de chier sur mon pubis. Il était toujours un peu dégouté par ce genre de pratiques mais il s’y soumettait de bonne grâce sachant combien elles me plaisaient. Je m’installai donc par terre, Alexandre s’accroupit au dessus de mon sexe et laissa tomber un cigare que j’emprisonnai immédiatement en remontant mon boxer et en boutonnant mon pantalon. Nous sortîmes ainsi, moi avec la douce chaleur du cadeau d’Alexandre qui me faisait bander.

Nous nous installâmes sur un banc dans le jardin de Tuileries. De l’autre coté de l’allée, sur un banc légèrement décalé par rapport au nôtre, un garçon et une fille, d’approximativement le même âge que nous, se faisaient des petits bisous tendres. Je me penchai vers Alexandre et lui dit :

- C’est d’un conventionnel !

Et il éclata de rire. Il se saisit alors de mon visage, une main sur chaque joue, m’attira à lui et me donna un long baiser, profond et langoureux malgré les quelques passants qui faisaient les scandalisés. La fille de l’autre coté, qui avait vu tout le spectacle, attira l’attention du garçon sur nous. Ils nous regardaient amusées et souriants et ça nous émoustilla. Le garçon s’empara de la bouche de la fille et tenta de rivaliser avec nous dans un baiser passionné. Et comme pour augmenter les enchères il caresse l’intérieur des cuisses de la fille. Alexandre ne se laissa pas démonter et souleva un peu mon t-shirt pour, d’une main, caresser mes abdominaux. Le garçon s’échauffa et remonta la main vers la culotte de la fille, montrant ses jambes chaque fois un peu plus. Alexandre n’allait pas abandonner si facilement, il fit passer ses doigts sous ma ceinture. Le défi échauffait un peu plus le garçon face à nous qui s’empara de la chatte de sa copine alors Alexandre ne résista pas en enfoncer toute sa main et une partie du bras dans mon pantalon et mon boxer. Il stoppa immédiatement. Je sentais venir ce dénouement mais je ne voulais rien faire tant il m’excitait. Quand à Alexandre, il avait totalement oublié ce qu’il avait fait juste avant qu’on sorte et sa moue en témoignait. Le couple en face fut tout étonné de cette grimace et stoppa là ses attouchements dans l’attente de comprendre ce qui se passait. Alexandre ressortit alors sa main de mon pantalon, les doigts écartés par le dégout, elle était couverte de merde. Alexandre pour me punir m’écrasa sa main sur la figure me maculant horriblement de merde molle et odorante. Il replongea sa main dans ma culotte et en ressortit un paquet qu’il m’étala sur les cheveux. La grimace de dégout du couple face à nous nous fit rire aux éclats. L’odeur devait arriver jusqu’à eux. Ils se levèrent sans demander leur reste et disparurent.

- Que fait-on ?

- Ben, je pense qu’il faudrait rentrer pour nous laver, me dit-il.

Nous prîmes le chemin du retour. Il finit de s’essuyer les mains sur mes fesses. Les traces auraient pu passer pour de la boue s’il n’y avait eu pas cette odeur prenante. Aux carrefours, en attendant de traverser, les autres piétons s’éloignaient après nous avoir jeté un coup l’œil écœuré. C'est alors que nous fûmes rejoints par le garçon. Sans dire un mot il se plaça devant moi, posa ses mains sur mes hanches, m'attira à lui et se colla à mon pubis. Je sentis une érection monumentale derrière sa braguette. Comme il n’y avait aucune résistance de ma part, il sortit la langue et me lécha le visage en direction de ma bouche où il finit dans un baiser profond me donnant à gouter ce que sa langue a récolté sur ma peau.

- Viens avec nous, lui dis-je.

- Je peux pas, y'a ma copine qui m'attend.

- Qu'elle attende.

Et après une courte hésitation il répondit :

- Oui, qu'elle attende !

Benjamin, puisque c’est ainsi qu’il s’appelait, plante là sa copine et, tout bandant et émoustillé, nous suivit à la maison. Il ne résistait pas à l’envie, à chaque carrefour que nous devions traverser, de lécher sensuellement mon visage et baiser mes lèvres. A peine dans l’ascenseur, Il se jeta goulument sur mon visage qui fut presque totalement débarbouillé avant qu’on rentrât dans l’appartement. Je n’avais pas besoin de douche, sa langue m’avait nettoyé consciencieusement. Elle n’épargna pas la main d’Alexandre. Et c’est en baisant mon boxer et découvrant ce qu’il cachait et en s’y jetant dessus goulument qu’il en jouit dans son pantalon sans même se toucher.

Mais, ce qui arrive souvent après la perte des fluides corporels à ceux qui n’assument pas leurs désirs, Benjamin se sentit tout honteux et dégouté. Il jugulât plusieurs nausées qui manquaient de le faire vomir à chaque instant, s’excusa et déguerpit à tire d’aile, n’ayant pas besoin de se rhabiller puisqu’il ne s’était pas déshabillé. De la fenêtre nous le regardâmes sortir de l’immeuble, à peine était-il sur le trottoir qu’il se tordit en avant et dégueula abondamment dans le caniveau. Que les gens sont inconséquents parfois. Il sortit son téléphone et appelle « Chérie ? » avant de sortir de notre vie.

Nous passâmes à la douche. Alexandre me savonna de partout et je lui rendis la pareille. Nos membres s’étaient sont redressés et demandaient eux aussi à se décharger de leur semence. Je rinçai celui d’Alexandre que je pris en bouche pour en déguster le nectar. Il me fit la même chose, puis après nous être séchés, nous nous couchâmes, l’un dans les bras de l’autre, pour une sieste délicieuse. A notre réveil nos membres avaient repris leur vitalité. A notre âge cela était facile. Puisque c’est nos bouches que nous avions honoré il y a peu, nous allions honorer nos culs. J’enculai tendrement Alexandre jusqu’à provoquer un nouvel écoulement de semence. Alors nous décidâmes de retourner au Jardin des Tuileries.

***

Le soir j’en parlai à RV84. Il en fut étonné, amusé et aussi un peu dégouté. Du moins c’est ce qu’il prétendit, mais aurait-il demandé autant de détail s’il l’avait vraiment été ? Je le soupçonnais de se secouer la tige d’une main tout en tapant qu’il était écœuré de l’autre sur le clavier. Il s’échauffa de plus en plus et malgré le fait qu’il prétendait encore ne pas être prêt pour une rencontre il semblait de moins en moins réticent à cette idée. Le lui suggérai quelques pistes sur un scénario que nous pourrions monter afin de rendre cette rencontre plus excitante. Alexandre n’était d’ailleurs pas contre m’accompagner et RV84 paraissait désormais assez ouvert à ce qu’il m’accompagnât.

Moi : ça pourrait être excitant

RV84 : 1 truc genre enlèvement ?

Moi : ouais

RV84 : mouais, je suis pas sur de savoir faire ça. Et puis c pas facile a realiser

Moi : ben, on se laissera faire qd meme

RV84 : alors c pas réaliste, c nul

Moi : oui mais bon, on va pas se battre dans la rue, et pis t tout seul et on sera 2

RV84 : alors fodra soigne le scénario

Moi : ouais, on va y réflechir et toi aussi réflechis

RV84 : par exemple je pourrais vous laisser des messages pour vous dire koi fair et me cacher pour sortir au dernier moment

Moi : super, j’ador

RV84 : sauf que c pas réaliste comme enlèvement

Moi : on se fera passer pour des agents secrets qui suivent une piste et ki tombent dans un trakenard

RV84 : ouais c pas mal, vous devez vous laisser faire pour délivrer la fille du président

Moi : le fils lol, et un fils mignon lol

RV84 : lol, ça sera ki le fils ?

Moi : on le trouvera pas puisqu’on tombe dans 1 trankenard et toi tu devras nous torturer pour k’on te dise où est caché l’argent

RV84 : lol, tu mattes trop de films

Moi : lol oui, ça te plait ?

RV84 : c pas mal

Moi : on fé ça qd ?

RV84 : tain, t pressé, je sais pas si je suis prèt a ça. Et ton mec i dit koi ?

Moi : il lit et il est ok

RV84 : cool

Moi : nous on est prés

RV84 : pas moi

Moi : oki, on attend ke tu sois pret

RV84 : j’y réflechis et je vous dit.

Ceci nous avait bien échauffés. Nous nous imaginons, Alexandre et moi, en espions de sa gracieuse Majesté (plus classe qu’espions français ou de la CIA), je nous voyais bien en Jason Bourne et James Bond, confrontés à de dangereux terroristes, enlevés par les réseaux de Ben Laden et torturés pour nous faire parler. On s’inventait des détails, des dialogues. On bandait. Alexandre se saisit d’une ficelle et m’attacha les mains dans le dos. C’était une première. Mais il rechignait encore à me torturer même légèrement. Il se contenta de me lever les cuisses pour m’enculer délicieusement tout en me branlant le vit. James féconda le cul de Jason, quel nouvel espion allait naitre d’une telle union ? Nous en rigolâmes beaucoup puis nous nous endormîmes dans les bras l’un de l’autre en nous baisotant les lèvres.

RV84 tardait à se décider. Qu’importe, je cherchai d’autres plans sur Paris. J’en trouvai pas mal de décevants, la majorité en fait, et très peu de satisfaisants. Le temps passait. On fignolait à chaque dialogue un peu notre scénario. Certaines choses devaient rester secrètes afin d’entretenir notre excitation. Alors on parlait de ce qu’on voulait sans rien décider d’autre que le scénario de l’enlèvement et c’était à RV84 de nous faire la surprise de la suite. Le début était déjà assez avancé. Il s’agissait pour nous de prendre le train jusqu’à Rouen, et une fois sur place on recevrait les consignes par SMS. Mais pour le reste RV84 hésitait beaucoup. En fait, je me demandais de plus en plus s’il allait sauter le pas un jour ou s’il ne nous menait pas en bateau, ayant déjà décidé de rester dans le domaine du fantasme, s’excitant et se masturbant sur ces idées sans jamais passer à l’acte. Voila plusieurs mois que nous discutions et que rien ne venait. Alexandre avait laissé tomber ses dernières réticences. Si RV84 avait été dangereux il n’aurait pas tant tergiversé, et s’il montrait tous ces scrupules c’est bien qu’il était inoffensif.

***

Nous eûmes eu la surprise de la visite de Benjamin plusieurs semaines après qu’il se soit enfui penaudement après avoir déchargé. On sonna à la porte et c’était lui, rouge de honte, n’arrivant pas à s’exprimer. Lorsque, en sortant de chez nous, il avait rejoint sa copine et tenté de l’embrasser pour se faire pardonner, celle-ci ne s’était pas laissé faire, ne pouvant ne pas sentir son haleine. Il avait du s’expliquer et, comme le font presque toujours les hommes infidèles, il mentit effrontément. Sauf que bien souvent un mensonge se retourne contre celui qui le profère. Sa copine, qui l’avait suivi au sortir du Jardin des Tuileries, lui balança qu’elle l’avait vu en train de lécher et d’embrasser un garçon couvert de merde. Sur ce, elle lui demanda de prendre ses affaires et d’aller voir ailleurs si elle y était. Ailleurs elle n’y était pas mais il y était allé voir tout de même. Et depuis il était retourné chez ses parents où il ne l'a pas plus trouvé. Il se disait toujours hétéro mais cette aventure avait chamboulé beaucoup de choses chez lui. Il désirait la renouveler. Alexandre lui proposa même de lui pondre un œuf dans le gosier. Il en fut enchanté. Un sursaut que l’on aperçut sous sa braguette nous le prouva. L’affaire le fit décharger voluptueusement mais à peine avait-il déchargé qu’il fuit comme la première fois. On l’observa depuis la fenêtre sortir de l’immeuble et vomir sur le trottoir. Décidément, que c’est pénible ces gens qui n’assument pas leurs fantaisies.

Il revint à nouveau quelques semaines plus tard mais on refusa de le laisser entrer. Le voila qui suppliait, qui s’humiliait, à nous demander de le satisfaire encore une fois, que cette fois ci il ne s’échapperait pas comme il l’avait fait précédemment, qu’il ne connaissait personne d’autre pour lui faire ça, que patati, que patata. Mais on ne céda pas et il repartit tout triste.

***

Ce samedi nous faisions les courses de Noël. Noël approchait et nous étions invités tous les deux dans la grande maison familiale des grands-parents d’Alexandre près de Deauville. Alors aujourd’hui c’était la corvée des cadeaux. C’était surtout Alexandre qui devait se casser la tête car, hormis ses parents, je ne connais personne de sa famille. Il allait y avoir les grands-parents, les parents, tata Mariette, tonton François son mari, tatie Danielle veuve depuis vingt ans, cousin Fredo et sa femme Mauricette, cousin Edouard, célibataire endurci de trente cinq ans qui n’avait jamais présenté la moindre conquête, ni féminine ni masculine à personne, les enfants de Fredo, Kevin et Gregory, et nous deux. Une journée ne nous suffit pas, nous décidâmes de continuer le Samedi d’après.

Avec RV84 nous avions enfin convenu de nous rencontrer en janvier. Le scénario était presque au point et promettait d’être bien excitant. Alexandre était presque aussi impatient que moi. On en parlait souvent et à chaque fois ça nous échauffait au point que nous devions nous soulager réciproquement par des actes immoraux qui nous faisaient le plus grand bien.

***

Nous passâmes Noël dans la famille d’Alexandre près de Deauville. C’est une grande bâtisse familiale en pierre de taille sombre qui ressemble à un manoir écossais rempli de fantômes. Elle est construite sur un promontoire rocheux face à la mer, dotée de deux étages, plus celui des domestiques qui n’était plus occupé que par la cuisinière. C’étaient les grands-parents d’Alexandre qui l’habitaient. Je savais que sa famille était pleine aux as mais devant ce petit château je restai sur le cul. Ils voulaient nous faire dormir dans deux chambres séparées mais Alexandre s’y opposa violemment. Il redoubla de colère lorsqu’ils nous proposèrent une chambre dotée de deux lits séparés. Il menaça de repartir illico alors on finit finalement dans une superbe chambre avec lit à baldaquins face à une fenêtre qui donnait sur un balcon d’où le spectacle de la mer était grandiose. Alexandre m’avoua que c’était une des plus belles chambres de la maison.

La distribution des cadeaux se fit le 25 à midi, entre les plats et les desserts, lorsque toute la famille fut assemblée. Je reçus comme cadeau un livre de prières, Alexandre une invitation pour un stage de conversion qui prétendait le « guérir » de sa péditude (homosexualité était le mot inscrit sur le prospectus). Il montra la plus vive joie et se jeta à mon cou pour m’embrasser goulûment devant tous les convives en caressant ma braguette ostensiblement. Il me dit haut et fort « Je veux que tu m’encules. » Évidement ça fit scandale, c’était précisément le but recherché par Alexandre pour se venger de ce monstrueux cadeau. Il me tira par la main et nous montâmes dans la chambre. Les autres convives restaient muets ou marmonnaient des incantations. Certains firent le signe de croix. Nous ne nous enfermâmes pas dans la chambre mais laissâmes intentionnellement la porte entrebâillée. Alexandre se déshabilla, m’arracha presque mes vêtements et il m’offrit son cul. Je le limai longuement et bruyamment. Lui exprima son plaisir aussi fort qu’il le put afin que tout le monde l’entende. De choquer toute cette bande de bien pensants catholiques homophobes (est-ce un pléonasme ?) m'excitait presque autant que de recevoir de douloureux sévices. Quelqu’un qu’on ne vit pas vint refermer la porte alors qu’Alexandre hurlait « oh oui ! Défonce-moi le cul ! »

Quand nous redescendîmes les seuls qui nous regardaient étaient les jeunes qui arboraient un immense sourire sur leurs visages. Les parents d’Alexandre étaient cramoisis de honte. Les grands-parents faisaient des prières. Ce fut Grégory qui brisa la glace en proposant de passer au dessert. Alors nous nous attablâmes tous et les discutions reprirent.

- C’est très agréable de se faire enculer, dit Grégory au milieu des diverses conversations qui s’arrêtèrent instantanément. Puis il continua dans un silence de mort, je le fais aussi souvent que je peux.

Tous les regards étaient sur lui puis, fier, il reprit :

- J’aimerais bien avoir un copain qui m’enculerait chaque jour mais… pour l’instant j’en ai plusieurs, surtout Youssef et sa grande bite noire. Et puis, Hamed, le rebeu le plus pervers du monde.

Scandale chez les grands-parents qui étaient au moins autant racistes qu’homophobes. Les cris et les hurlements fusaient. Tout le monde dut déguerpir illico, la fête était finie. Les parents de Grégory s’y mirent aussi, les noms d’oiseau volaient bas. Kévin s’enfuit à l’anglaise vers sa chambre alors que Grégory tenait tête à son père. Les grands-parents remontèrent dans leur chambre en demandant qu’il ne restât personne quand ils redescendraient. Kévin revint peu de temps après avec son sac et celui de Grégory et il le tira par le bras pour partir en plantant là ses parents. Alexandre que je n’avais pas vu disparaitre arriva de même et nous partîmes en compagnie de ses neveux, laissant tata Mariette, tatie Danielle et la mère des enfants en pleurs, le père hurlant des insanités que la décence m’interdit de citer ici. Édouard et tonton François assis dans des fauteuils terminant leur morceau de buche en sirotant une coupe de champagne et devisaient on ne sait de quoi comme si rien ne se passait. On n’eut pas de mal à trouver un taxi qui nous amena à la gare. On proposa aux enfants, qui étaient à peine plus jeunes que nous, de les héberger pour la nuit ou pour le temps qu’il faudrait.

***

A nos questions Grégory nous expliqua que tout était faux mais qu’il en avait assez de ce climat et qu’il avait envie de choquer le plus possible toute cette satanée famille « bien pensante » qu’il ne supportait plus. Il avait réussi son coup au-delà de ses espérances. Leur téléphone portable ne cessait de sonner. Tantôt c’était papa, tantôt maman, tantôt un cousin puis le père d’Alexandre. Il fut convenu qu’ils rentreraient chez eux le lendemain. L’appartement était suffisamment spacieux et nous pouvions coucher Grégory et Kévin chacun dans sa chambre.

Cette journée spéciale nous avait bien excités et je demandai à Alexandre de me rendre ce que je lui ai donné à la distribution des cadeaux. En me montrant son membre tendu et en me flattant les fesses il me dit qu’il y était tout disposé. Je me couchai sur le dos, les jambes relevées contre son torse. Il cracha dans sa main, me lubrifia le cul puis y présenta son vit qui pulsait de désir. Nous essayions d’être moins démonstratifs acoustiquement que lors de notre dernière partie de jambes en l’air. Alexandre pénétra mon cul et se saisit de ma bite raide qu’il branla délicieusement. J’étais aux anges mais j’entendis tout de même la porte de la chambre s’entrouvrir même si celui qui l’ouvrait essayait d’être le plus silencieux possible. Alexandre, tout à son plaisir, n’avait rien remarqué et je décidai de ne rien lui dire. J’évitai de regarder directement en direction de la porte pour ne pas effaroucher celui qui, témérairement et clandestinement, venait se rincer les yeux à notre spectacle, mais dans la glace qui en reflétait l’image je découvris Kévin. Je fus étonné, j’aurais pensé que ce serait plutôt Grégory qui aurait eu cette initiative. Bientôt je découvris que je ne me trompais qu’à moitié lorsqu’au dessus du visage de Kévin je vis apparaitre celui de son frère. Ils étaient venus tous les deux nous espionner en douce et apprendre de nouvelles choses.

De la main j’arrêtai Alexandre. Il me demanda si tout allait bien. Je lui fis signe de la tête que oui et je dis à haute voix :

- Si vous voulez voir mieux vous pouvez entrer.

Une cavalcade dans le couloir nous fit éclater de rire. Ils n’avaient même pas pris la peine de refermer la porte. Nous étions encore en train de rire que la porte s’ouvrit un peu plus pour laisser le passage à Grégory qui, tout penaud, nous demanda :

- C’est vrai que je peux regarder ?

Notre hilarité redoubla. Elle était contagieuse car Grégory rigola aussi. Quand on réussit à se calmer on lui signifia qu’il pouvait aussi participer s’il le souhaitait. Il n’avait aucune expérience. Il avait bien couché deux ou trois fois avec des filles mais ce n’était pas allé très loin. Alors il préféra rester en retrait et observer. Mais malheureusement notre excitation était partie, emportée par l’ouragan de notre rire. Et nous étions troublés par la présence de notre spectateur. On reprit alors les préliminaires afin de faire grossir les outils qui devaient servir à l’office.

***

Au petit déjeuner les discutions tournèrent irrésistiblement autour du sexe. Grégory se vantait de ne plus être puceau, il avait couché une fois avec Magalie et deux avec Justine.

- Il n’y a plus que Kévin qu’est puceau, s’exclama-t-il dans un rire.

- Chuis pas puceau, répondit timidement Kévin en rougissant.

On éclata tous les trois de rire et on taquina Kévin pour qu’il nous racontât.

- Au moins le nom de la fille demanda Grégory.

Kévin faisait de la résistance. Ça ne nous regardait pas, c’était sa vie privée mais on le pressa tant qu’il finit par céder.

- Matthias !

- Matthias ? Questionna Grégory tout étonné.

- Oui !

- Qui c’est, demanda Alexandre.

- Mon meilleur ami, dit Grégory. Oh le salaud, il m’a rien dit.

L’hilarité se fit générale, même Kévin y participait. Puis, quand on réussit à se calmer Grégory demanda :

- C’était quand ?

- Ben, l’embarras de Kévin était irrésistiblement comique, à chaque fois qu’il vient à la maison.

- Quoi ?

- Ben oui, continua-t-il, aussi rouge qu’un coquelicot. A chaque fois il se débrouille pour venir me voir.

- Ben je sais, mais…

- Tu pensais que c’était pour quoi faire.

Grégory était estomaqué.

- Depuis quand ça dure ?

- Oh… Plus d’un an, répondit Kévin avec de plus en plus d’assurance.

- Mais… Et cet été ?

- Ben j’étais super content quand il est venu passer un mois avec nous à Deauville.

- Ben je comprends mon salaud, dit Alexandre.

Les rires fusaient et c’était au tour de Grégory de rire jaune. Il restait sidéré par ces révélations.

- J’ai pas beaucoup d’expérience, continua Kévin, mais je peux quand même dire que c’est un super bon coup.

La franchise de cette déclaration dérida Grégory qui s’esclaffa avec nous.

- Et dire que je le croyais encore puceau. Il m’a dépassé.

Nous pressions Kévin pour qu’il nous livre des détails croustillants. Il s’y prêta avec de plus en plus de facilité après avoir rechigné un bon moment. On apprit ainsi leurs aventures à Deauville. Comment Kévin avait manœuvré pour qu’on donnât à Matthias la chambre attenante à la sienne et qui partagea sa salle de bain, ainsi ils pouvaient se rejoindre pendant la nuit sans que personne n’en sache rien. Pourquoi ils encourageaient autant Grégory à draguer, afin qu’il les lâchât un peu et qu’ils soient plus libres de faire ce qu’ils voulaient. Leur virée au Havre avec la modeste voiture de Matthias, pendant laquelle ils avaient voulu visiter un sex-shop. Kévin avait été refoulé à l’entrée mais Matthias avait pu acheter le livre pour lequel ils s’étaient déplacés. Une sorte de Kamasoutra gay. Alexandre fila dans notre chambre et en revint avec un livre qu’il montra à Kévin :

- C’est ça ?

- Oui ! répondit Kévin visiblement embarrassé.

- vous vous emmerdez pas. Vous avez tout essayé ?

- Ben non, y’a des trucs vraiment hard.

- Vous êtes allés jusqu’où, demanda Alexandre en l’ouvrant à la table des matières ?

- On a pas suivi l’ordre, et on mettait pas souvent en pratique.

- Le fist ?

- Ça va pas non ?

- Le bondage ?

- C’est quoi ?

- Attacher et se faire attacher.

- Non, j’aime pas ça.

- L’uro ?

Kévin rougit. Il se trahit. Il voulait certainement ne pas entrer dans trop de détails mais maintenant c’était trop tard, on allait lui tirer les vers du nez et il finit par nous dire qu’il aimait beaucoup ça, prendre la bite au repos de Matthias dans la bouche et qu’il s’y vidât la vessie. Il nous raconta notamment une aventure de ce type dans des toilettes publiques du centre de Deauville. Ils s’étaient enfermés tous les deux dans la même cabine. Matthias avait fait accroupir Kévin devant lui et lui avait présenté son membre. Kévin n’était pas du genre à se faire prier pour prodiguer ce genre de services à son amoureux. Il avait donc prit le sexe de Matthias en bouche s’apprêtant à lui donner une fellation dans les règles de l’art. Matthias lui retint la tête l’empêchant de mettre en œuvre ses talents et le prévenant qu’il allait uriner. Kévin, qui était habillé d’un bermuda blanc léger sans rien dessous et d’un t-shirt tout aussi blanc ne mit pas longtemps à comprendre les intentions de son ami. Il devait boire afin de ne pas mouiller ses vêtements. L’urine de Matthias arriva d’abord par petits à-coups dans la bouche de Kévin qui se dépêchait d’avaler. Son excitation était a son comble, la preuve en était la tente dans son entre jambe dont le mat était formé par sa superbe érection. Petit à petit le débit de Matthias augmenta, comme s’il voulait que Kévin ne puisse pas tout avaler. Et c’est ce qui arriva. Kévin se recula espérant que Matthias stopperait son jet mais celui-ci n’en fit rien. Il continua à pisser sur le visage, les cheveux et les vêtements de Kévin, visant l’entrejambe de son bermuda. Kévin voyant la catastrophe jaune qui s’abattait sur ses habits blancs reprit le sexe de Matthias dans la bouche mais celui-ci augmenta encore la pression de son jet. Kévin ne pouvait avaler et beaucoup de liquide jaune s’écoulait de sa bouche sur ses habits. Le flot de Matthias était intarissable. Kévin s’écarta à nouveau et Matthias lui arrosa copieusement le visage, le t-shirt et le bermuda. Kévin qui était de plus en plus excité se pencha en arrière donnant toute latitude à Matthias pour arroser la partie qui lui donnait envie. Lorsque le flot se tarit enfin Kévin était détrempé. Son t-shirt dont l’avant était jaune lui collait à la peau laissant voir ses tétons qui pointaient. Son bermuda léger était devenu presque transparent.

- Qu’est qu’on fait maintenant ? Demanda Kévin qui se releva enfin.

Ils éclatèrent de rire tous les deux. Matthias envoya quelques jets restant d’urine directement sur la braguette de Kévin améliorant la transparence du tissu détrempé.

- Tu vas aller te baigner tout habillé, sinon je sais pas comment on va pouvoir rentrer.

Mais pour aller se baigner ils devaient sortir des toilettes et marcher presque un kilomètre en centre ville avant de rejoindre la plage. Ils ouvrirent la cabine. Matthias s’écarta un peu pour admirer son œuvre et s’exclama.

- On voit ta bite comme si elle était dehors.

Ce qui les fit beaucoup rire. Ils allaient ainsi traverser presque tout Deauville attirant tous les regards, le plus souvent outrés, sur eux. Ils avaient même choisi de longer la plage et de ne pas se baigner tout de suite afin de choquer les honnêtes gens plus longtemps. Lorsqu’au bout de quelques temps le tissu, en séchant, redevint opaque, Kévin demanda à Matthias s’il n’avait pas à nouveau envie de pisser un peu. Celui-ci s’exécuta, dans un angle de rue, sans même rentrer dans une cabine, directement sur les points les plus stratégiques, à savoir, la braguette et ses alentours. Kévin, pour faire bonne mesure, rajouta la sienne depuis l’intérieur de son bermuda redonnant à celui-ci la transparence désirée, si délicieusement choquante.

Grégory était estomaqué. Il tenait son petit frère pour un ange et il s’apercevait qu’il était un petit démon. Kévin, par contre, était ravi de son effet ce qui l’entraina vers d’autres confidences. Comme celle concernant la cachette pour le livre qu’ils avaient ramené du Havre. Matthias avait découpé les pages intérieures d’une bible pour y ranger le livre tabou.

- Aussi, je trouvais bizarre, dit Grégory, le soudain mysticisme de Matthias à laisser trainer sa Bible en permanence sur la table de chevet.

- Ben c'est-à-dire qu’on la feuilletait fréquemment, répondit Kévin dans un éclat de rire contagieux.

- Vous êtes bien hard, s’exclama Alexandre.

- Et encore, ça c’est rien, laissa malencontreusement échapper Kévin, car désormais on n’allait plus le lâcher pour qu’il nous racontât la suite.

Notamment cette journée à Étretat. Ils étaient partis, les parents, les deux frères et l’amant du plus jeune, passer une journée dans cette station Balnéaire réputée pour ses falaises. Comme à leur habitude, les deux amants avaient poussé le frère hétéro à draguer les filles et s’étaient éclipsés, une fois le poisson mordant l’hameçon. Ils prirent le chemin qui longe les falaises par leur sommet et s’étaient éloignés de la ville. Plus ils s’avançaient, plus les estivants se faisaient rares, ce qui les poussait à s’éloigner encore. C’est alors que Matthias fut pris d’un besoin pressant. Ils marchaient depuis presque trois quarts d’heure et Matthias ne pourrait pas se retenir jusqu’à leur retour il leur fallait donc trouver un endroit isolé, ce qui n’était guère facile par là, où il put se soulager. Après avoir dépassé le golf ils quittèrent le sentier pour se mettre à l’abri des regards. Quelques valons et buissons plus loin, Matthias décréta que l’endroit était suffisamment bon pour qu’il déposât son offrande à la Terre. Il se déculotta donc et Kévin lui demanda :

- Je peux regarder ?

- Oui si tu veux !

Kévin s’allongea sur le sol et Matthias s’accroupit devant lui. Mais, gêné par le short à ses talons il se releva pour le retirer et reprit la position. Kévin caressa alors tendrement les fesses de son amant jusqu’à lui masser la rondelle. Mais ça ne dura pas, celui-ci le prévint que ça allait sortir. Kévin retira sa main, il contempla l’anus de son amant s’ouvrir et un torrent d’excrément odorants en sortir avec force et faire beau cône sur le sol, tel une glace italienne au chocolat, bien que l’odeur n’en soit pas la même.

- T’as des kleenex ? Demanda Matthias.

- Non !

- Ben, on est pas dans la merde, dit-il en s’esclaffant.

Kévin était au comble de l’excitation et ceci lui permit de briser les chaines des tabous qui l’inhibaient et il osa ce qui lui aurait paru impensable à un quelque autre moment.

- Je vais te les nettoyer, dit-il. Penche-toi en avant.

Matthias s’y prêta et dégagea par là son cul. Kévin s’approcha, sortit sa langue et lapa une fois la rondelle maculée de son amant.

- T’aimes ça ?

- On peut pas dire qua ça a bon gout mais venant de toi ça peut pas être mauvais. Et puis c’est hyper excitant, ajouta-t-il après un instant.

Il ressortit la langue et lapa une seconde fois, puis une troisième. Il aimait a lécher le cul de son ami mais le fait qu’il soit souillé l’excitait cent fois plus. Ils bandaient tous les deux, et, ainsi à l’abri des regards, ils s’en donnaient à cœur-joie. Kévin passa la main entre les cuisses de Matthias et lui flatta les bourses et le vit. Ils jouirent ainsi avec une force inconnue jusque là.

- Et ? Demanda Alexandre.

- Et quoi ?

- Vous avez rien fait de plus ?

- Ben non !

- Je te crois pas.

Kévin était de plus en plus libéré mais il lui restait encore un peu de pudeur. Alexandre, persuadé que ça ne s’était pas passé comme il l’avait raconté, le tarabiscota tant qu’à la fin il céda et compléta son récit.

En fait, ils n’avaient pas joui ainsi. Matthias appréciait beaucoup ces caresses délicieuses sur son anus et son sexe et, poussé par l’excitation, lui aussi brisa les digues de ses tabous, il plongea l’index dans le monticule de merde puis le présenta, maculé, à Kévin qui s’y jeta dessus goulument. Il recommença l’opération à trois ou quatre reprises puis, se retournant, le membre turgescent dressé fièrement devant lui, il s’agenouilla et se pencha jusqu’à tremper son gland dans ses excréments, puis se relevant, il le présenta à Kévin qui était aux anges. Lui avait ouvert sa braguette et sorti son membre en totale érection. Il prit le gland encrassé dans la bouche et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire il le rendit propre comme un sou neuf à son propriétaire. Celui-ci voyant à quel point cela plaisait à son ami renouvela l’opération en se barbouillant plus méthodiquement. Kévin, heureux et gourmant, n’en fit qu’une bouchée. Il engloutit le membre souillé et le nettoya en lui prodiguant des caresses savoureuses. C’est au cours de la troisième opération que Matthias, ne pouvant plus contenir le flot de sève qui montait, s’épancha dans la bouche de Kévin qui dégusta ce nectar digne de Dieu. Kévin se releva pour que Matthias lui rende la pareille. Il allait tremper son membre dans le tas d’excréments quand Matthias le supplia de ne pas le faire. Alors, son excitation frisant la démence, il en prit une pleine poignée et s’en remplit la bouche pendant que Matthias lui prodiguait une mémorable fellation.

Après avoir joui, l’excitation s’étant évanouie, il réalisa ce qu’il venait de faire et fut à deux doigts de vomir. Ça ne pouvait être mal puisque ça venait de son amant. Il fit relever Matthias et, en le regardant fixement dans les yeux, alors que celui-ci l’implorait de recracher, il ouvrit la bouche pour lui montrait ce qu’elle contenait, puis, la refermant, il déglutit et lui montra qu’il avait avalé.

Grégory était subjugué et passablement écœuré. Ma main sur la braguette d’Alexandre me montra qu’il était autant excité que moi. Il était grand temps de les renvoyer à leur famille et de calmer notre ardeur dans des ébats qui promettaient d’être enflammés.

***

C’est demain que nous allions rencontrer RV84 pour la première fois. Nous étions terriblement excités tous les deux bien qu’Alexandre ait quelques craintes. Je le rassurai qu’en étant deux on ne risquait pas grand-chose puisqu’on pouvait mutuellement se protéger. Et en cas de lapin on en profiterait pour visiter la ville de Rouen, lieu de notre rendez-vous, et nous rentrerions ensuite. Mais je ne croyais pas qu’il allait nous poser un lapin.

Le soir, en nous couchant, nos affaires, dans un petit sac, étaient déjà prêtes. Nous étions trop impatients pour attendre le lendemain matin, bien que nous ayons largement le temps, pour les préparer et puis nous ne voulons rien oublier.

Dans le train qui nous menait à Rouen on se faisait déjà tout un cinéma de ce qui allait se passer. Nous nous imaginions déjà dans un film d’espionnage, avec une piste mystérieuse à suivre et des méchants tapis dans tous les coins, prêts à nous attaquer, à nous capturer, à nous plonger dans une marmite bouillante pour nous manger ensuite. On rigolait beaucoup mais on était aussi terriblement excités.

Nous entrions en ville et le train ralentit puis s’arrêta. Nous étions arrivés.

« ALLER CONSIGN CASIER 48 CODE 55964 INSTR A L INTERIEUR »

Nous étions à la gare de Rouen depuis cinq minutes lorsque nous reçûmes ce texto. Nous nous rendîmes au casier en question et le code fonctionna. La situation était palpitante, bien plus que ce à quoi je m’attendais. Alexandre à mes cotés me rassurait. Dans le casier il y avait un téléphone mobile allumé. A peine était-il entre nos mains qu’il sonna. Nous étions donc observés discrètement. En répondant je scrutai les environs à la recherche de notre correspondant mais je ne réussis pas à le repérer. Il y avait bien plusieurs personnes en train de téléphoner mais elles avaient l’air d’être absorbées dans de toutes autres conversations.

- On doit sortir de la gare, dis-je à Alexandre, prendre à droit jusqu’à la rue Pouchet. Y’aura une fourgonnette blanche garée avec la porte de derrière ouverte. On doit y rentrer et se bander les yeux une fois dedans avec les bandeaux qu’on y trouvera.

- J’aime pas ça, répondit-il.

- On risque rien, on est deux.

- Ouais mais j’aime pas ça quand même.

- Tu as parlé avec lui et il t’inspirait confiance, non ?

Alexandre admit qu’il lui inspirait confiance et qu’il n’y avait pas beaucoup de risques puisque nous étions ensemble. On suivit donc les instructions et au bout d’une centaine de mètres on repéra la fourgonnette. Ses portes arrière étaient bien ouvertes et deux rubans de tissu trainent sur le sol. Les alentours étaient déserts, aucun signe de vie dans cette calme matinée ensoleillée de janvier. On se regarda et au bout d’un court débat on décida de suivre les instructions qui m’avaient été donnés. Chacun de nous se saisit d’un ruban et se l’appliqua sur les yeux. A peine avais-je fini que des mains, me saisirent les poignets. Je me laissai faire, inquiet et excité à la fois. Notre scénario d’enlèvement se déroulait à merveille pour l’instant et se révélait bien plus excitant que prévu. On me tira les mains dans le dos et on me posa des menottes. Je m’y attendais mais l’inquiétude qui m’habitait augmente d’un cran. Elle fit un nouveau bond quand j’entendis Alexandre protester d’une voix étouffée et que cela fut suivi du bruit d’une chute. Puis une main plaque sur ma bouche et mon nez un tampon à l’odeur bizarre.Ma crainte se transforma aussitôt en terreur. L’idée que nous avions fait une grosse connerie traversa mon esprit avant que celui-ci commence à s’embrouiller. Mes membres se firent lourds, mes pensées confuses, ma force disparaissait et je sombrai dans le sommeil.

Lorsque je me réveillai, Alexandre était déjà conscient. Nous étions tous les deux attachés et bâillonnés à l’arrière sans fenêtres d’une fourgonnette qui roulait vers l’inconnu. Notre ravisseur avait eu la délicatesse de retirer nos bandeaux mais nous a bâillonnés avec du tissu dans la bouche pour nous interdire toute palabre. Je rampai sur le sol pour me rapprocher d’Alexandre. Sa présence et sa chaleur me rassura un peu mais plus je réfléchissais à notre situation plus je la voyais tragique. Peut-être me faisais-je des idées.

Nous roulions encore et toujours. Depuis combien de temps ? Je ne savais. Je ne pus me retenir de pisser et je souillai mon pantalon, je constatai qu’Alexandre avait déjà souillé le sien. Cela devait faire bien longtemps que nous étions ainsi. Au moins quatre heures, si ma notion du temps n’était pas trop altérée, depuis que nous étions éveillés. Mais combien pendant notre sommeil ? La fourgonnette ralentit enfin puis stoppa. Elle redémarra quelques instants plus tard et s’engagea sur un chemin plus sinueux et qui ne permettait pas de soutenir une vitesse aussi régulière qu’avant. Nous avions certainement quitté une autoroute. Nous avions donc fait plusieurs centaines de kilomètres et devions être bien loin de Rouen, notre destination première. A moins que notre ravisseur nous ait fait tourner en rond. Au bout de quelques dizaines de minutes nous quittâmes cette route pour une nouvelle en bien plus mauvais état, certainement un chemin non goudronné à en croire les cahots, les virages et l’allure de la voiture. On roula ainsi pendant encore une bonne dizaine de minutes puis le véhicule stoppa et le moteur s’éteignit. Les portières s’ouvrirent, j’entendis des pas qui longeaient la fourgonnette de chaque coté et la porte arrière s’ouvrit sur nos ravisseurs. Le premier visage qui apparut n’est pas celui de la photo que j’avais reçu de lui mais il ne m’était pas inconnu. Dans une épouvante, je le reconnus.