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Chapitre 4

Alexandre était au milieu d'un chapitre d'un passionnant livre de science-fiction, allongé sur le lit, dans le nid d’amour qu’il partageait avec son amoureux, l’attendant impatiemment, lorsqu'on tapa à la porte. C'était un homme dans la cinquantaine, grisonnant :

- Alexandre ?

- Oui, c’est moi.

- Je suis Claude.

Dans la voiture, pendant le trajet vers l’hôtel particulier où le drame s’était produit Monsieur Claude lui conta toute l’histoire.

Quand l’assassin sortit de la pièce rhabillé et repartit aussitôt le client suivant termina sans se presser le verre de cognac qu’il avait en main puis entra dans la chambre. Au cri qu’il poussa l’ensemble des serviteurs et des autres clients accoururent pour s’effrayer sur le cadavre au sol dans une mare de sang et le corps inerte de l’autre garçon suspendu au sling dont la tête était totalement et hermétiquement recouverte par plusieurs couches de ruban adhésif blanc. Quelqu’un se rua sur le garçon et entreprit de retirer la cagoule que formait le ruban mais celui-ci résistait. Un autre prit le pouls et ne sentit rien. Tout le monde s’affolait et courrait dans tous les sens gênant les secours plutôt que de les aider. Certains clients s’enfuirent sans même demander un remboursement. L’organisateur s’agitait et vociférait comme un fou, devenu totalement inutile. D’autres détachaient les mains et les chevilles du garçon, le sortaient du sling et le posaient sur le sol. On amena enfin des ciseaux et on entreprit de couper le ruban mais le piège était diabolique, les ciseaux se heurtèrent au fil de fer qui était inséré entre les couches. Impossible de continuer sans une pince coupante ou une tenaille mais personne ne savait s’il y en avait une et si oui où elle serait rangée. La situation était désespérée. Certains proposèrent d’abandonner et de faire disparaitre les deux corps.

Quelqu’un eut l’idée de percer les couches de ruban au niveau des narines et de la bouche. Il fallait le faire sans blesser la victime. Quand on réussit à lui ouvrir la bouche on y découvrit avec horreur ce qui l’encombrait. Un des hôtes, qui était, comme il se doit, formé au secourisme lui souffla dans la bouche, lui pressa la cage thoracique, lui tapa dans les côtes tentant de la ranimer avec une respiration artificielle, mais le garçon n’avait plus aucune réaction.

Un autre dilemme s’ajoutait à tout ça, la plupart des invités étaient des hommes haut placés et fort connus, il fallait à tout prix éviter le scandale ; il était hors de question de faire venir la police. Appeler le SAMU ou les pompiers était fort compromettant, surtout avant d’avoir pu camoufler ce qui s’était réellement passé. La proposition de se débarrasser des corps quelque part revint sur le tapis. C’est surement ce que pensaient la majorité des invités restants et la totalité des organisateurs puisque personne n’appela les secours.

Un immense soulagement parcourut l’assemblée lorsque le garçon toussa, inspira profondément dans un râle proche de l’agonie puis vomit. Il eut ensuite une seconde inspiration accompagnée d’une quinte de toux, puis une troisième. Le garçon se mit alors à hurler de terreur et à gesticuler de façon désordonnée donnant des coups de poing dans le vide ou sur ceux qui étaient trop proches et qui tentaient de le maitriser. Il était impossible de le calmer d’autant plus qu’il ne pouvait toujours pas voir. Enfin quelqu’un dénicha une paire de tenailles, ceci allait permettre de venir à bout du fil de fer. Il fallut se mettre à plusieurs pour immobiliser le garçon afin de ne pas le blesser en coupant le fil de fer. Il ne se calma que quand ses yeux furent libérés, ses cris laissèrent la place à un torrent de larmes intarissables. D’autres dans l’assistance pleuraient aussi afin évacuer leurs stress.

Les organisateurs s’engagèrent à changer les règles pour qu’une telle chose ne puisse plus se produire et firent tout leur possible pour étouffer le scandale. Presque tous les invités avaient donné une fausse identité mais certains étaient notoirement connus et de proche en proche on pouvait connaître tous ceux qui avaient été présents ce soir ou d’autres soirs. Il fut décidé qu’une indemnisation serait versée au garçon pour qu’il se taise et n’engage pas de poursuites judiciaires. On fit disparaitre l’autre victime qui n’avait pas de famille connue. Monsieur Claude participa à la négociation sur le montant de l’indemnisation sans prendre de commission. Les organisateurs mirent leurs clients VIP à contribution, et ils se montrèrent généreux au-delà de ce que Monsieur Claude espérait. Après tout, qu’est-ce que dix ou vingt mille euros pour celui qui en gagne cinq à dix fois plus mensuellement ? Eux non plus ne voulaient pas de scandale. La somme recueillie fut donc conséquente. Ils offrirent en outre au garçon quatre semaines de repos sur une île paradisiaque des Seychelles en compagnie de la personne de son choix, qui, en l’occurrence, fut Alexandre. Le but de ce voyage était moins le repos que la volonté de l’éloigner de la capitale le temps que tout ceci se tasse. Ils auraient souhaité un plus long séjour, d’une ou de deux années, mais Alexandre voulait reprendre ses cours à la fac et devait donc revenir avant la rentrée.

Voici comment ils atterrirent au paradis après avoir visité l’enfer.

***

Ça faisait une semaine que nous étions dans ce somptueux hôtel où tout le personnel était aux petits soins avec nous. Vu le prix du séjour c’était la moindre des choses dirons-nous, sauf que nous n’avions rien payé puisque c’était ces messieurs très haut placés qui nous avaient offert ce séjour, que l’on pourrait qualifier presque d’exil doré. Alexandre s’occupa beaucoup de moi. Il me fit moult bisous et câlins. Nous nous prélassâmes au soleil avec des litres de produit de protection, gavés d’une nourriture exquise et variée. Nous dormîmes peau contre peau, lui dans mon dos pour éviter de me malmener autant que possible mes bijoux endommagés.

Nous savions que le propriétaire de l’hôtel était un habitué des soirées spéciales à Paris. Il avait donc tenu tout spécialement à ce que nous ayons tout ce dont nous pourrions avoir besoin, et même plus. Le médecin de l’hôtel me suivait quotidiennement pour contrôler l’évolution de l’état de mes couilles. Un psychologue, client également des mêmes soirées, avait été mandaté pour s’occuper de mon état mental mais je rechignais à le consulter. Je n’avais pas rebandé depuis ma mésaventure et, après quelques jours d’insistance de la part d’Alexandre, j’avais cédé et l’avais enfin consulté. Je ne bandais pas plus après mais je savais pourquoi. Du moins savais-je le pourquoi selon le psychologue. Mon jugement à son égard fut lapidaire : « c’est un con. » Alexandre qui connaissait personnellement des psychologues ne me contredit pas, il eut plutôt tendance à généraliser.

Je me réveillai un matin avec les testicules beaucoup moins douloureux. L’amélioration avait été soudaine et j’en fus soulagé. Je donnai mon cul à Alexandre pour que nous fassions l’amour puisque je ne bandais toujours pas. Au début il ne voulut pas, il avait peur de le blesser ou de rouvrir un souvenir atroce. Aussi il ne voulait pas prendre de plaisir alors que je ne pouvais en prendre. Puis il comprit que je désirais lui donner ce plaisir qui m’était interdit alors nous fîmes l’amour d’une façon délicieusement tendre. Je me couchai dos sur le lit, Alexandre avait soulevé mes jambes pour les poser sur ses épaules et il m’aima ainsi sans me lâcher du regard.

Au bout d’une semaine cet exil commença à nous peser. Tout est superbement magnifique ici mais on s’y ennuyait à mourir. En quelques heures on faisait le tour de l’île à pied. On connaissait tous les coraux par cœur. On avait donné un petit nom à tous les poissons du lagon. On avait compté le nombre de vagues, jour après jour, et ce fut le jeudi qui remporta le record. Si une semaine ici ressemblait au paradis, nous espérions que quatre n’allaient pas se rapprocher trop de l’enfer. Ou alors, si le paradis est aussi ennuyeux autant vivre chez le diable.

***

Jour d’arrivée d’une nouvelle livraison de chair fraîche et blanche, qui fut rouge écrevisse dès le lendemain, elle nous fit une distraction pendant quelques jours. Nous n’étions pas en état de profiter pleinement de ceux qui étaient arrivés en même temps que nous mais, désormais que physiquement mes bourses allaient mieux et que psychologiquement notre mental est requinqué, on était d’attaque. On repéra immédiatement quelques beaux spécimens à étudier plus profondément. Je ne pouvais pas bander mais ça ne m’empêchait pas de mater.

La couleur de notre peau tranchait avec celle des nouveaux arrivants, bientôt il n’en paraitrait plus. On repéra une famille avec deux enfants, un encore trop jeune mais l’autre était déjà un jeune adulte qui devait avoir notre âge. Ses boucles blondes étaient superbes. Qu’est-ce qu’un viking venait faire dans cette ile de l’océan Indien ? Je regardai Alexandre et sans même dire un mot on se comprit. Notre but immédiat allait être de savoir si l’invasion des normands était proche et si nous serions violés consentants.

Il y avait aussi pas mal de jeunes couples dont un en voyage de noces ; rien ne nous interdisait de débaucher un jeune marié après tout. Quelques vieux couples à la retraite. Un groupe de quatre amis dans lequel, au vu des petits gestes qu’ils se faisaient en cachette des autres, deux semblaient avoir des affinités particulières. Deux groupes de filles. Enfin, deux hommes dans la trentaine, la tête rasée et un bouc très court sur le visage, des tatouages sur les épaules dénudées que laissaient apparaitre leurs débardeurs ; ils se roulèrent une longue pelle majestueuse au vu et au su de tous dans le hall de l’hôtel au moment de leur arrivée. Les commentaires ne tardèrent pas « t’as vu les pédés ? ». Mais aucun n’eut le courage de les faire à haute voix.

Le travail de rapprochement vers notre viking fut facilité par la faible proportion de garçons de notre âge. Mis à part lui il y avait un boutonneux qui portait encore un appareil dentaire et zozotait en postillonnant. Il paraissait d’ailleurs d’une timidité maladive et ne fit, de la semaine, aucune tentative pour nous aborder, tant mieux ! Quand à nous, nous étions les amis de Julien depuis que nous lui avions adressé la parole. Il ne nous lâchait plus.

Il était de Paris, rentrait à la fac à la Sorbonne en octobre, surtout grâce au piston car il n’avait pas de grandes qualités intellectuelles. Son père, PDG d’une entreprise, n’avait pas pu prendre de congés en été et il faisait donc rater une semaine de classes à son petit frère qui était en quatrième. Son père ne s’occupait que de son boulot et se foutait de tout le reste. Sa mère était totalement folle d’après Julien, elle passait sont temps entre une ligne d’héroïne et un verre de whisky. Ils étaient venus avec leur gouvernante car, même en vacances, ils ne voulaient s’occuper de rien, surtout pas de leurs enfants. Dés la descente de l’avion sa mère était inquiète de savoir comme elle allait pouvoir se fournir en blanche. Elle se contentera d’alcool sinon. Ça risquait de se compter en litres. Son petit frère, Kevin, le suivait partout car il n’y a aucun garçon ou fille de son âge ici.

« C’est facile de draguer les filles ici ? » Nous demanda Julien. Ça commençait bien, je présumai que ça ne serait pas facile de draguer le garçon.

***

Alexandre était un amour. Il était d’une patience exemplaire avec moi. Il me dorlotait, me réconfortait lors de mes cauchemars, passait des onguents avec une infinie douceur sur mes testicules endoloris. Il ne se formalisait pas de mon impuissance alors qu’elle me désespérait, il me rassurait en me disant qu’elle serait passagère et que mes érections ne seraient que plus fortes lorsque je serai remis de mon choc.

La gouvernante de Julien et Kevin nous avait adoptés, ses parents s’en moquaient royalement mais, sur l’insistance de leurs enfants, ils nous avaient amené lors de leur sortie en catamaran pour qu’on les distraie et qu’ainsi ils leur fichent la paix. Nous fîmes escale sur une minuscule île de sable blanc déserte avec seulement quelques cocotiers pour faire de l’ombre et nous nous ébattions allégrement dans l’eau chaude tandis que monsieur sirotait son whisky et que madame en était déjà à son troisième. Le skipper, aidé d’un jeune et beau matelot, avait installé deux tables, six fauteuils de toile à l’une, trois à l’autre, un grand parasol pour chaque table, et il était en train de faire cuire des langoustes sur un barbecue. Les couverts mis, on passa à table. Le matelot enfila des gants blancs pour le service, complétant sa panoplie blanche, bermuda, chemise et tongs, tout en blanc même ses dents.

C’est madame qui démarra la conversation :

- Vous avez vu cette horreur hier ?

Ne sachant pas de quoi elle parlait nous étions étonnés et restâmes silencieux. Monsieur éructa :

- ces deux dégénérés !

– Oui, c’est écœurant, rajouta madame, faire ça devant tout le monde ! On croirait vraiment qu’ils l’ont fait express.

– Le feu du ciel s’abattra sur eux, lança Kevin.

– Arrêtes tes conneries, ça fait combien de temps que le feu du ciel ne s’abat plus ? demanda Julien.

– Oui, le feu du ciel, et ils iront en enfer, s’exclama madame.

La gouvernante n’était pas à notre table, elle mangeait en compagnie des « employés », avec le skippeur et le matelot qui ne pouvait manger qu’entre deux plats. Elle se moquait éperdument du bavardage incessant de madame et de monsieur. Kevin était entré dans leur jeux (ou bien était-il vraiment convaincu de ce qu’il disait ?) et il insista sur ce qui devait choquer le plus sa mère. Il prétendit avoir vu les garçons mettre leurs langues dans la bouche l’une de l’autre, ce qui manqua de peu de faire vomir sa mère. J’avais une envie terrible d’embrasser Alexandre en poussant ma langue bien profond dans sa bouche pour voir la réaction des trois énergumènes mais, n’ayant aucune envie de finir mes jours abandonné sur une minuscule île déserte de l’océan indien, je n’en fis rien et j'attendis avec impatience la fin du repas pour pouvoir déserter cette table de fous.

Une vibration soudaine, brisant le calme idyllique qu’il aurait du y avoir si la mère, pour le bien de l’humanité, avait été muette, nous fait tous sursauter. Elle fut suivie rapidement par la marche turque de Mozart version boite de nuit. Le père se saisit du téléphone et s’éloigna. La mère se lamenta :

- Il a choisi cette île précisément parce qu’on lui a dit qu’on captait le réseau.

On était au dessert et avec Julien on en profita pour nous éclipser. Kevin fut rappelé à l’ordre. La mère fit preuve d’un reste d’autorité sur le plus jeune de ses enfants renonçant à le faire sur l’aîné.

Nous nous ébattions dans l’eau chaude tandis que madame tentait une sieste sous le parasol en compagnie de son cadet et que monsieur tentait de l’en empêcher en vociférant au téléphone. Le matelot, qui s’était débarrassé de ses gants, nous rejoignit. Il se prénommait Hervé. Il était magnifique, les yeux bleus, les cheveux blonds bouclés. Il nous proposa de visiter les parties privatives du bateau ce que nous acceptâmes. Il nous montra le moteur, caché sous une trappe dans la cabine de pilotage, les différents cadrans, boutons, leviers et la barre. L’envie me prit de démarrer et de disparaître en abandonnant les insupportables parents de Julien mais une pensée envers la gentille gouvernante m’empêcha de passer à l’acte.

- Venez, on va visiter les chambres de l’équipage, nous lança Hervé.

C’était une petite porte à l’avant de la cabine qui nous y conduisit. On ne l’avait pas encore remarqué et on ne se serait jamais douté que l’avant du catamaran pouvait accueillir une chambre. Hervé l’ouvrit et nous fit passer dans le couloir qui desservait en fait deux petites chambres, une à droite l’autre à gauche. Au fond une porte donnait sur la salle de toilette avec une minuscule douche. Les portes des chambres étaient ouvertes pour assurer un courant d’air rafraîchissant. Sur le lit de la chambre de gauche le skipper faisait sa sieste, allongé sur le ventre entièrement nu, ses fesses blanches s’offrant à notre regard. Julien détourna le sien illico alors qu’Alexandre et moi, nous primes le temps de l’examiner longuement, allant jusqu’à remarquer de doux duvet blond. Un picotement parcourut mon bas ventre mais, alors que j’aurai eu une formidable érection il y a deux semaines, mon sexe resta mou dans mon slip de bains.

Julien voulait ressortir d’ici pour, soi-disant, laisser dormir le skipper, mais Hervé nous dit d’entrer dans sa chambre qu’il allait se changer pour enfiler un maillot de bains. Il retira ses tongs et sa chemise. Son corps était plus bronzé que le mien et celui d’Alexandre, de superbes petits tétons pointaient sur sa poitrine glabre. Il défit sa ceinture. Julien était de plus en plus mal à l’aise, il se détourna vers la porte pour ne pas voir ce spectacle qui nous enchantait Alexandre et moi. Hervé défit le bouton du bermuda et fit glisser la fermeture éclair, puis il le laissa tomber à ses pieds et le repoussa dans un coin de la chambre. Il restait devant nous avec un slip blanc dans lequel on pouvait voir que la bête n’était pas endormie. Ses deux pouces passèrent sous la ceinture du slip et, en se courbant, comme s’il faisait un salut à ses spectateurs ravis, il le baissa jusqu'à ses chevilles et se releva pour nous offrir un spectacle infiniment plus savoureux que cette minuscule île déserte où nous avions accosté.

- Bonjour les enfants !

Nous sursautâmes et nous retournâmes instantanément pour voir que le skipper, en tenue d’Adam, s’était réveillé et nous rendait visite. Julien, qui lui faisait face, était pétrifié comme s’il avait vu la destruction de Sodome et Gomorrhe. Je m’attendais à ce qu’il se transforme en statue de sel. Nous étions désormais trois garçons en maillot de bains, deux autres totalement nus dans cette petite chambre du catamaran. Hervé s’approcha du skipper, posa une main sur sa nuque, attira son visage vers le sien et s’empara goulûment de ses lèvres en flattant ses couilles de la main. Son sexe palpita.

- Enfile ton maillot de bain, on va piquer une tête, dit Hervé.

- Selon les clients qu’on a on peut faire du nudisme sur ces petits îlots mais je pense pas que votre mère aimerait ça, dit Roland le skipper.

- Heu, Julien en bafouillait, je crois pas.

- Mais, vu ce qu’elle a vomi tout à l’heure sur les pédés…

Roland ne termina pas sa phrase et se dirigea vers la sortie dans le plus simple appareil. Hervé le suivit. Je regardai Alexandre et nous éclatâmes de rire simultanément, puis on se débarrassa nous aussi du reste de textile qui nous couvrait la peau et on se joignit à Hervé et Roland. Sur le pont du bateau ils se prirent dans les bras et s’échangèrent un long baiser (avec la langue aurait dit Kevin). Ils étaient magnifiques tous les deux, nus comme au premier jour mais infiniment plus beau qu’alors, peau contre peau, torse contre torse, abdomen contre abdomen, sexe contre sexe. La mère de Julien manqua de s’étouffer et recracha voilement la gorgée de whisky qui avait faillit passer par le mauvais chemin. Le père interrompit sa conversation au téléphone et celui-ci chût dans l’eau, plouf, il marcha beaucoup moins bien après. Puis, dans un bel ensemble, les deux marins plongèrent dans l’eau turquoise et chaude de l’océan.

Je ne voulus pas être en reste, alors je saisis Alexandre, me collai contre son corps et échangeai avec lui un merveilleux baiser (oui Kevin, avec la langue) puis je plongeai à la poursuite des marins suivi de peu par Alexandre. Il ne restait sur le pont que Julien qui n’avait pas retiré la pièce de tissu qui protégeait son intimité et qui ne nous suivit pas. Il partit se réfugier auprès de ses parents. Son père explosa et exigea qu’on rentre sur le champ à l’hôtel mais Roland lui fit face sans pudeur, sexe au vent, et lui signifia qu’il n’en était pas question. La prestation était payée et serait fournie jusqu’à son terme. Il était comique de voir un homme habillé en bermuda et chemisette engueuler un autre homme nu qui gardait tout son calme et se foutait éperdument de ce que lui disait l’autre, fort du fait que sans lui l’autre était condamné à rester. Le départ était prévu pour seize heures et il ne serait avancé que si tous les clients étaient d’accord. Le père et la mère s’exclamèrent qu’ils étaient d’accord, mais Roland se tourna alors vers nous pour connaître notre avis et nous lui dîmes que nous souhaitions rester.

- Alors, on reste jusqu’à seize heures, monsieur. Profitez bien du calme, dit Roland avec un énorme sourire, faisant des efforts pour ne pas éclater de rire devant au nez du père.

Nous contournâmes l’île pour nous baigner à l’abri des regards pudibonds tandis que les vociférations continuaient. Un hurlement plus aigue de la mère fusa :

- Reviens ici ! Je t’interdis d’aller les rejoindre !

- Va te faire foutre, c’était la voix de Julien qui était loin de couvrir celle de sa mère.

- Julieeeeeeeeeeeeeeeeen !

Nos tympans allaient se percer si elle continuait comme ça. Puis nous vîmes arriver Julien qui se débarrassa de son maillot.

- Keviiiiiiiiiiiiiiiin !

Ce n’était pas une alarme, une alarme fait moins de bruit que ça, c’était un nouvel hurlement de madame alors que nous voyions Kevin nous rejoindre suivi de près de la gouvernante.

Le calme retomba sur cet îlot. Tous les sept nous étions morts de rire. On entendit couler du whisky dans un verre. Puis après une très courte pause, il recommença à couler, madame avait du juger que la mesure n’était pas encore bonne. Dans la bataille nous avions gagné la mise hors d’état de nuire du téléphone de monsieur, et c’était un grand soulagement. La tranquillité du lieu n’allait plus être troublée. On charria Kevin jusqu’à ce qu’il retira lui aussi son slip.

- Que le feu du ciel me foudroie, dit-il puis il s’enfonça dans l’eau jusqu’à la taille et brandit son slip à bout de bras qu’il jeta sur le sable. Il restait dans l’eau pour cacher ses attributs et n’en ressortit plus. Même la gouvernante avait tout enlevé. Nous étions parfaitement heureux et nous en profitions.

***

Je me demandai, de retour à l’hôtel, s’il ne fallait pas faire rapatrier de toute urgence la mère de Julien pour l’interner dans un hôpital psychiatrique le temps qu’elle se calme, ou s’il ne serait pas mieux de lui offrir une inscription aux Alcooliques Anonymes, elle avait descendu une bouteille et demi de whisky dans la journée. En tout cas elle déblatérait des inepties plus énormes les unes que les autres. En approchant du port, Hervé et Roland, pour enfoncer le clou, se roulèrent une pelle mémorable juste devant ses yeux. Ils nous donnèrent ensuite discrètement rendez-vous pour la soirée mais ils ne réussirent pas à tromper pas la vigilance de Kevin qui voulut savoir pourquoi lui et son frère n’étaient pas invités.

- C’est pour les grandes personnes, lui dit-on, et il fit la remarque que Julien était au moins aussi « grand » que nous.

- Hé bien, si Julien veut venir, il peut, mais pas toi, tu es trop jeune encore.

On se sépara, on regagna notre chambre pour nous débarrasser du sel sous une douche fraiche que nous prîmes ensemble. Je m’occupai du dos d’Alexandre tandis qu’il s’occupait du mien. Le sexe d’Alexandre était tendu comme un arc, je m’apprêtai à lui donner du plaisir mais il souhaita se préserver pour le soir. Le mien restait désespérément flasque. On rejoignit ensuite la salle à manger pour nous régaler au buffet, toujours aussi savoureux, copieux et garni.

Le dessert descendu on retourna à notre chambre car Hervé et Roland n’allaient pas tarder. Ils furent ponctuels et sonnèrent à l’heure convenue. On ouvrit, ils étaient là en chemisette et bermuda décontracté, aussi craquants que le matin en tenue de travail. Roland avait prévu le programme de la soirée : un poker déshabilleur. Celui qui avait la plus petite main devait retirer une pièce de vêtement. Si le perdant était déjà nu, vu le nombre de vêtement que nous portions ça irait vite, il devrait exécuter un gage. On s’installa en cercle par terre au milieu de la chambre. Je distribuai les cartes. C’est alors qu’on tapa à la porte et que la voix de Julien dit :

- C’est moi !

C’est Alexandre qui ouvrit la porte.

- On joue au strip-poker.

- Mais… y’a pas de filles, dit Julien en jetant un regard circulaire.

On éclata tous de rire puis Roland lui dit :

- T’as pas encore remarqué qu’on a pas besoin de filles entre nous ?

Julien était vraiment naïf.

- Je croyais que vous déconniez pour faire chier ma mère.

- Bon, tu veux jouer ou pas ?

- Mais… heu… c’est que…

- Décide toi, tu joues ou pas ?

- On peut pas jouer à autre chose ?

- Non, on a déjà sorti les cartes de poker et les cartes des gages et on était en train de distribuer.

- Des gages en plus ?

- Oui, des gages en plus.

- Mais… heu…, pas des gages.

- Oui des gages.

Julien finit par se décider et il entra.

- T’es pas obligé de jouer mais si tu joues il faut jouer le jeu à fond.

- Ok, dit-il.

Il était visiblement nerveux sachant qu’il s’engageait sur une pente savonneuse. Je pris les cartes et je les distribuai une par une. Alexandre voulut en changer trois et je lui en donnai donc des nouvelles, Hervé en voulut deux, Julien quatre, ça augurait mal pour lui, Roland deux et moi trois. Puis on abattit nos mains. Je n’avais même pas une paire, hormis celle que j’avais dans mon slip mais qui ne servait par au poker, c’était la main la plus mauvaise, je retirai une tong. Puis Julien perdit à trois reprises et il se retrouva torse nu, en short. Ensuite le jeu s’équilibra, on perdait chacun notre tour, les vêtements étaient retirés dans la bonne humeur et dans les franches rigolades. Je fus le premier à me retrouver nu mais les autres n’avaient plus que le slip à l’exception de Julien qui n’avait plus perdu et qui était toujours en short.

Je perdis une nouvelle fois. Roland prit le paquet de cartes où étaient inscrits les gages et me le tendit en éventail, j’en tirai une que je lis à haute voix. Il fallut que j’exécutasse une danse du ventre pendant deux minutes. Mes déhanchements ressemblaient à tout sauf à une danse du ventre mais le gage fut accepté sous les applaudissements et les rires. Julien perdit trois fois d’affilée, il semblait abonné aux séries, il retira successivement son short et son slip puis dut tirer une carte. Il était stressé, hésita longuement devant l’éventail que lui tendait Roland puis se décida.

Il lut la carte silencieusement et un grand soulagement apparut sur son visage, il dut faire le tour de la pièce à quatre pates et il s’exécuta avec bonne humeur. Entre nos cuisses les sexes commençaient à prendre du volume, même celui de Julien, il n’y avait que le mien que restait désespérément flasque mou malgré l’excitation qui me gagnait. Chacun y alla de sa claque sur les fesses de Julien lorsque celui-ci passait à sa hauteur. Il regagna le cercle et on distribua à nouveau. Roland perdit. Son gage fut d’aller appeler l’ascenseur, d’attendre son arrivée puis de revenir dans la chambre. Son exhibitionnisme fut à l’honneur et il obtempéra sans attendre. Son sexe prit un peu plus de volume lorsqu’il sortit dans le couloir. Nous restâmes derrière la porte pour l’observer aller jusqu’au bout du couloir et presser sur le bouton de l’ascenseur. Le couloir était désert et l’ascenseur tarda à venir. Il était vide lui aussi. Roland revint calmement en totale érection, il était déçu de n’avoir pas eu de spectateur accidentel.

Alexandre eut ensuite un gage plus sexuel, il dut sucer celui qui avait eu la meilleure main. C’est Hervé qui fut à la fête et qui apprécia le savoir faire et la bonne volonté d’Alexandre, mais la gâterie ne dura pas assez pour l’amener à terme.

Julien perdit à nouveau. Il était nerveux en tirant son gage, le précédent lui ayant appris qu’il y avait des épreuves moins innocentes. Son visage vira à l’abattement en lisant silencieusement la carte. Il nous la tendit car il n’arrivait pas à articuler. Roland s’en saisit et lu :

- Embrasser sur la bouche pendant une minute chaque participant.

Je m’empressai d’ajouter :

- Avec la langue.

Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat, qu’est ce que ça aurait été s’il avait tiré celle où il devait se faire enculer par tous ? Alexandre ouvrit le bal, il se colla à Julien et lui prit les lèvres. Celui-ci les serra pour éviter à la langue d’Alexandre de pénétrer dans sa bouche mais lentement elle y parvint. Au bout de la minute ils se séparèrent, Alexandre était dans une érection totale et même Julien n’était pas resté insensible. J’étais le suivant sur la liste. Je me collai à lui et lui pris les lèvres. J’introduisis ma langue entre ses lèvres et butai sur les dents serrées. Je sentis son membre pulser contre mon pubis. Il écarta tout à coup les dents et ma langue s’enfonça dans sa bouche et rencontra la sienne. J’avais des picotements dans mon bas ventre et j’espérai bander enfin mais au terme de la minute, lorsqu’on s’écarta, ma bite était toujours aussi molle. Celle de Julien, en pleine forme, me donna des complexes. Suivirent Hervé et Roland qui s’engouffrèrent dans la brèche qu’avec Alexandre nous avions ouvert.

On reprit la partie. Julien était habitué à perdre trois fois d’affilée, est-ce que ça allait se vérifier cette fois encore ? Il perdit une seconde fois. Il était plus détendu en tirant le gage mais il blêmit en lisant la carte qu’il nous tendit à nouveau. Roland la lut :

- Faire une feuille de rose pendant une minute à tous les participants.

Une feuille de rose, euphémisme pour bouffer le cul. Décidément il n’avait pas eu de chance. Apres un coup d’œil circulaire Roland proposa de le dispenser de ce gage et nous acquiesçâmes. Ce gage allait incomber au perdant de la prochaine partie. Julien n’avait perdu que deux fois dans cette série, et jamais deux sans trois. S’il perdait encore il devrait s’y soumettre. On distribua on échangea. On demanda à Julien d’abattre, il avait une paire de huit. Roland abattit un brelan, Alexandre une paire de dames, Hervé un brelan aussi. J’étais le dernier à abattre mais Julien était déjà abattu alors que je faisais durer le suspense. Il se détendit enfin lorsque je montrai ma main qui ne contenait rien, mais j’avais triché, j’avais donné ma paire d’as à échanger.

C’est Roland qui organisa. Il m’allongea sur le dos et fit accroupir successivement chacun des participants au dessus de mon visage et je m’exécutai avec gourmandise. Le premier à passer fut Alexandre. Je connaissais déjà sa rondelle par cœur et je m’en délectai amoureusement lui soutirant des gémissements d’extase. Mes mains ne restaient pas inactives, elles caressaient ses bourses et son membre. Il n’y était pas insensible et je sentais son sexe prendre de l’ampleur dans ma paume. C’est à contre cœur qu’il céda la place à Hervé lorsque Roland lui signifia que son temps de plaisir imparti était terminé. Ce fut d’une chair inconnue que ma bouche partit à la découverte et je dégustai ses plis charnus et délicieux. Au terme de la minute il se releva lui aussi en parfaite érection. Roland fit signe alors à Julien qui ne voulut pas. De l’avis de tous il devait s’y soumettre, il verrait ainsi comme cette caresse est merveilleuse et comme j’en étais un expert. Mais il rechigna pendant un long moment avant de finir par expliquer son refus :

- Je suis sale, j’ai fait caca juste avant de venir.

Au mot « caca » je sentis mon sexe, qui était flasque et mort depuis des semaines, frétiller d’excitation et se préparer à recevoir le sang qui le ferait enfin gonfler. Comme cela était étrange, le souvenir pénible de la séance pendant laquelle j’avais failli mourir m’assailli tout à coup et, au lieu de me terrifier, ce souvenir m’excita terriblement. J’aurai à analyser ceci à tête reposée dès que j’en aurai l’occasion. Pour l’instant Roland s’apprêtait à laisser Julien tranquille alors j’émergeai de mes pensées et lui signifiai qu’un gage est un gage et qu’il devait s’y soumettre, qu’on avait tous donné notre parole au début du jeu et que c’était trop facile de la renier pour une raison ou une autre. Moi j’étais prêt à aller au bout du gage, c’est du moins ce que je leur dis, comme si c’était à contre cœur que je m’y soumettais alors qu’en réalité je voulais gouter sa rondelle comme si c’était la chose la plus délicieuse au monde, et ceci uniquement parce qu’il avait dit qu’il avait fait « caca » juste avant.

- Je vais aller me nettoyer dans la salle de bains, dit-il.

Je ne pus m’empêcher de lâcher un « non » de déception et de surprise puis pour ne pas montrer quelle était ma réelle motivation je rajoutai, après une hésitation, qu’on avait déjà perdu assez de temps en palabres et qu’il fallait qu’il s’exécutât. Entre temps l’érection qui avait pointé le bout de son nez, et que personne n’avait remarquée, était repartie et mon sexe était à nouveau flasque comme une nouille trop cuite. Julien batailla encore un instant avant de céder et de me présenter enfin ses fesses. Alors qu’il les approchait de mon visage je compris ses réticences, il n’avait pas du utiliser beaucoup de papier pour s’essuyer, peut être qu’il n’en avait pas utilisé du tout. Avant qu’il se posât sur mon visage je vis les traces marron et les petits bouts collés aux poils que ma langue allât chercher. C’est Alexandre qui s’exclama :

- Il bande !

Et en effet je bandais.

***

Cette découverte me fit beaucoup réfléchir. Moi qui croyais que mon impuissance venait du traumatisme que j’avais subi lors de cette séance qui avait failli être fatale et qui faisais tout mon possible pour l’oublier ; je savais que l’oublier était impossible alors je tentais d’y penser le moins possible ; et voila que par la magie d’un seul mot ce souvenir que j’essayais de tenir à distance me submergeait et, au lieu du résultat attendu, mon sexe durcit et je me retrouvai avec une érection diabolique lorsque les fesses de Julien se posèrent sur mes lèvres. Au bout de la minute impartie, alors que Roland demandait à Julien de céder la place, je le retins par ses cuisses et continuai à lécher son fondement tout en m’astiquant avec fougue jusqu’à l’éjaculation que j’eus après un mois d’impuissance.

Depuis je ne cessais d’y repenser. Faudra-t-il que je passe par des plans qui me rappellent ce que j’avais subi pour bander ou allais-je pouvoir avoir une vie sexuelle normale avec Alexandre. Mon essai de matin suivant se solda par un échec. Je le suçai, il me pénétra et mon sexe resta aussi mou qu’une limace. Pourtant j’aimais Alexandre plus que tout, et un peu plus chaque jour. Alors que je me disais jour après jour que je ne pourrai aimer personne aussi fort, que j’avais atteint le sommet en terme d’amour, le lendemain je l’aimais encore plus. Mais malgré mon amour, mon sexe restait flasque lors de nos rapports charnels.

Je devais en avoir le cœur net mais j’avais honte de mes sentiments et de mes réflexions, je n’en parlais donc pas à Alexandre. J’abordai le couple qui avait scandalisé tant de touristes lors de leur arrivée à l’hôtel par un baiser profond et fougueux. Au cours de la conversation, petit à petit, l’air de rien, je déviai sur leurs gouts sexuels et j’appris qu’ils se livraient régulièrement à des petits jeux sado-maso. C’est exactement ce que je voulais savoir, je le pressentais à leur allure et voici mon pressentiment était confirmé. Un des deux, Stéphane, était exclusivement sado, l’autre, David, aurait aimé être parfois sado mais il devait se contenter d’être maso ce qui le frustrait quelque part mais il se soumettait pour l’amour, et aussi par désir, de son Stéphane. Ils se déplaçaient toujours avec un minimum de matériel, cordes, gode monumental, cagoule, et je fus invité à y tâter. J’étais très excité par cette proposition mais je devais être prudent, même si Alexandre n’était pas jaloux, et il me l’avait prouvé à maintes reprises, je ne souhaitais pas qu’il apprenne que j’avais fait une escapade dont le but principal était de découvrir si je bandais ou pas.

Un matin je pris prétexte d’une fatigue pour ne pas suivre Alexandre alors que nous étions invités sur le catamaran de Roland pour la journée. Alexandre ne voulait pas me laisser seul. Lorsque je lui pronostiquai une journée à mourir d’ennui il me rétorqua que mourir de quoi que ce soit, même d’ennui, avec moi serait un pur bonheur pour lui. Il fallut que je lui dise que ce serait moi qui serais malheureux s’il s’ennuyait à cause de moi. Même avec cet argument je dus batailler fermement pour qu’il accepte de me laisser seul. Il prétendait qu’il ne s’ennuierait jamais avec moi, et j’étais certain qu’il disait vrai puisque moi-même je ne pensais pas pouvoir m’ennuyer un jour avec Alexandre, mais si je souhaitais rester seul c’était pour des raisons que je ne lui avouerai que lorsque mes hypothèses seraient confirmées ou infirmées, ce que j’espérais.

Je cherchai des yeux Stéphane et David dans la salle du petit-déjeuner et autour de la piscine ; ne les ayant pas trouvé, je me résolus à frapper à leur porte. Une voix me répondit. Je leur dis qui j’étais et leur demandai si je pouvais entrer. C’est David qui m’ouvrit. Il était nu, mal rasé et j’imaginai que ses cheveux auraient été en bataille s’ils n’avaient pas été coupés si courts. J’admirai son torse musclé, glabre et bronzé et le tatouage en forme de lézard qui ornait son sein gauche. Son sexe était magnifique, posé sur ses bourses généreuses, émergeant d’une toison soigneusement taillée en brosse qui invitait à y passer la main pour en ressentir le picotement des poils drus. Son gland était intégralement caché par un prépuce abondant. Je le contemplai dans sa splendeur, lui impudiquement offert dans l’embrasure de la porte grande ouverte, se moquant de qui pourrait le voir ainsi.

- Tu veux quoi ? me demande-t-il sèchement sans bouger.

J’étais inquiet qu’on puisse nous voir du couloir alors qu’un couple de petits vieux venait de sortir de leur chambre un peu plus loin et n’allait pas tarder à passer inévitablement devant nous.

- Je peux entrer ?

- Pourquoi faire ?

Il ne bougeait toujours pas, me barrant le passage. Le couple venait de claquer la porte de leur chambre et un groupe de cinq vieux faisait son apparition à l’autre bout du couloir venant bruyamment et rapidement dans notre direction.

- On serait pas mieux à l’intérieur pour parler ?

Je vis un sourire s’inscrire puis grandir sur le visage de David alors qu’il n’avais pas encore fait le moindre mouvement pour libérer le passage puis ce fut avec une bonne humeur à la limite du rire, alors que le couple était tout prêt et que le groupe n’était pas beaucoup plus loin, qu’il me répondit :

- Pourquoi ? T’as peur de quelque chose ?

Et je vis son sexe prendre du volume. C’est à ce moment là que Stéphane, tout aussi nu, le rejoignit pour me saluer et se plaça à sa droite, sa main gauche flattant les fesses de David, exposant toute son anatomie que David s’empressa de soupeser. Je sentis la chaleur envahir mon visage et j’imaginai que je devais être rouge cramoisi en entendant les vieux se croiser derrière moi dans un silence religieux entrecoupé de « oh ! » et de « mon dieu ! » C’est alors que Stéphane et David s’écartèrent et d’un geste ample de la main m’invitèrent à entrer dans la chambre. Je passai entre eux. J’avais les mains moites et le feu sur le visage. David claqua la porte sur les exclamations outrées des petits vieux dans le couloir et il nous suivit dans la chambre. Stéphane et David partirent d’un énorme éclat de rire en commentant les « gueules » qu’avaient fait les petits vieux

- Viens, dit Stéphane en s’allongeant sur le lit, approche. Qu’est ce qui t’amène ?

Maintenant que je devais leur dire pourquoi j’étais là, j’étais intimidé et je n’osai parler. Je tergiversais, parlant du soleil, de la chaleur et de la mer.

- T’es quand même pas venu pour nous faire un cours de météo ?

Non, ce n’était pas du beau temps que j’étais venu parler. Je rassemblai tout mon courage et je me lançai.

- Je voudrais être soumis par vous.

Comme toujours, le plus dur fut le premier pas. Je me sentais soulagé d’avoir osé le faire. Quand aux modalités de ma soumission, on allait les discuter ensemble mais ma timidité avait totalement disparu.

- Tu veux quoi ?

- Être attaché !

- Et torturé, rajoutai-je après une courte pause.

Eux souriaient. Stéphane se tourna vers David :

- Hé bien, tu vas enfin avoir une lope à tes ordres.

- M’a plutôt l’air légère la lope. Ça doit pas être bien solide. Et puis ça doit être douillet.

- Et il veut des tortures, rajouta David.

- Ben on a pas de plume.

- Peut être avec les coussins.

- On va l’abimer avec les coussins, faudrait quelque chose qui fasse moins mal. Tiens, à coup de chaussette.

Je me sentais humilié par leur arrogance et leurs moqueries, et il s’en fallut de peu que je tourne casaque et que je les plante là pour ne plus jamais les revoir mais je étais venu dans un but précis que je n’avais pas oublié ; j’avais réussi à écarter Alexandre pour avoir le champ libre et je ne pourrai pas réitérer cet exploit facilement, alors je mis de coté mon amour propre :

- Vos gueules ! Je sais ce que je veux alors arrêtez de vous foutre de ma gueule.

Leurs rires s’arrêtèrent et ils me dévisagèrent avec surprise pendant quelques instants puis ils m’invitèrent à m’assoir sur le lit. Stéphane remonta son coussin et s’installa plus confortablement, abandonnant la position allongée, afin d’être attentif. David s’assit en croisant les jambes, puis il dit :

- Bon alors, tu veux être attaché et torturé comment ?

Ils étaient été surpris par ma demande, me demandèrent des précisions sur mes désirs, mes limites, mon expérience et mes motivations. Je mentis pas mal, m’inventant des expériences ayant peur qu’ils soient réticents à passer à l’acte s’ils découvraient que j’étais un novice. Je ne leur révélai pas ma véritable motivation, leur disant simplement que ça m’excitait terriblement et que ça me faisait jouir, chose que la séance était censé m’apprendre. Je ne sais pas s’ils me crurent mais le fait est que peu de temps après j’étais attaché comme une dinde attendant d’être enfournée, mon poignet gauche ficelé à ma cheville gauche, mon poignet droit à la droite, mes coudes aux genoux avec les avant-bras le long des jambes, mes pieds, mes jambes, mes épaules et ma tête reposant sur le matelas, mon cul pointant vers le plafond ; il ne manquait que la farce. Ils rajoutèrent une corde pour relier mes chevilles aux pieds du lit les maintenant dans une position écartée très inconfortable. Un harnais de tête équipé d’un bâillon boule m’interdisait la parole. Et je bandais.

Ils étaient derrière moi et je les sentis m’induire les fesses et la raie d’un produit froid, certainement du lubrifiant, puis David me présenta un godemiché d’une taille respectable et il le dirigea vers mon anus ; ce n’était pas de marrons qu’ils allaient me farcir. A l’arrière de ma tête Stéphane jouait avec mes seins, il tritura, pinça, tordit mon téton gauche pendant un long moment puis je sentis une morsure vive lorsqu’il y plaça une pince. Ses doigts se déplacèrent sur mon téton droit. Je pouvais alors voir dans le miroir de la chambre ses doigts travailler à me martyriser le téton, puis je vis une pince munie d’un poids s’approcher et mordre ma chair comme tout à l’heure une autre pince similaire avait mordu mon téton gauche. Les poids se balançant sous moi instillaient une chaude douleur dans mes seins.

Pendant ce temps, la tête du gode n’avait pas cessé de me caresser la raie et elle me perfora au moment précis où la pince se referma sur mon téton droit m’arrachant un gémissement de surprise, étouffé par la boule qui occupait ma bouche. Le membre en latex poursuivit sa progression impitoyable dans mon fondement, puis, au bout de plusieurs centimètres, repartit en marche arrière jusqu’à être presque totalement ressorti avant de reprendre sa progression en avant, pénétrant de quelques centimètres supplémentaires. Ces va et vient continuèrent un bon moment. L’autre tortionnaire, Stéphane, ne restait pas inactif, il se saisit de mes bourses et entreprit de les ligoter serrées. Avec une ficelle il tourna, retourna et retourna encore autour de mon scrotum, emprisonnant les testicules dans un sac de plus en plus petit et serré.

Le godemichet était entré entièrement dans mes intestins, seuls restaient dehors les ersatz de couilles qui butaient contre ma raie. Je sentis une ficelle passer dans celle-ci, courir dans mon dos, puis David me tira la tête en arrière, comme s’il était encore possible de tordre un peu plus mon cou, pour attacher la ficelle à un anneau au sommet du harnais qui me bâillonnait. Cette ficelle était reliée directement à mes couilles et courait par dessus le gode qui habitait mes entrailles. Lorsqu’il lâcha mon crâne, celui-ci, en retombant sur le lit, tendit la corde et mes couilles à la limite de l’arrachage. David me expliqua que si je poussais pour me débarrasser du gode alors ce seraient mes couilles qui seraient écartelées. Ils avaient de l’expérience, j’en étais désormais certain. Ce dont j’étais désormais certain, c’étais de l’effet que cette séance sur moi, je bandais comme un âne.

David rajouta deux pinces à poids à mon prépuce alors que Stéphane me décrivait la suite. Il me montra une palette constitué de deux lamelles de cuir épais qui allaient claquer l’une sur l’autre et amplifier la force du coup. Il la donna à David puis me montra l’appareil suivant, un boitier électronique qui fournissait des impulsions électriques d’une intensité réglable pouvant être très fortes. Il me montra les pinces qui s’y adaptaient ainsi que la sonde à introduire dans l’urètre. Ils étaient bien équipés les bougres. Je ne m’attendais pas à ça et je commençais à avoir peur. Mais je constatai que cette peur alimentait mon excitation et mon érection.

La palette caressa tendrement mes fesses, je savais que bientôt elle viendrait y mordre douloureusement et cette caresse n’en était que plus inquiétante. Stéphane se versa du gel bactéricide sur ses mains et m’en induisit le gland en faisant balancer méchamment les poids accrochés aux pinces, puis il stérilisa la sonde qu’il approcha de façon angoissante de mon membre.

Un premier coup s’abattit sur mes fesses. Je réalisai alors qu’elles allaient finir rougies et qu’Alexandre ne pourrait pas ne pas le voir. Mais c’était beaucoup trop tard pour ce genre de considérations. Je tentai de parler et constatai que rien de compréhensible ne pouvait sortir de ma bouche. J’allais bel et bien être fessé vigoureusement et je devrais assumer après. Je décidai d’évacuer le problème, j’aurai tout le temps après pour y revenir.

La sonde avait atteint mon gland et les doigts experts de David ouvrirent l’urètre que la sonde allait perforer. La douleur fut vive et indescriptible. Elle progressait lentement mais surement en profondeur. Stéphane ne tapait plus sur mes fesses, il laissait David s’occuper de ce délicat ouvrage. Je gémis de douleur, une souffrance que je ne connaissais pas et qui devait ressembler aux effets de la chaude-pisse. La progression de la sonde dura une éternité mais j’anticipais avec crainte quand elle serait reliée à l’appareil et que les premières impulsions électriques viendraient se déverser en moi.

La sonde en place, Stéphane reprit la fessée qu’il avait interrompue. Une caresse sur une fesse et sans prévenir un coup sec me faisant gémir. Puis une autre caresse. La durée des caresses n’était jamais la même. Parfois la palette s’écartait de mes fesses pour revenir les caresser au moment où j’attendais le coup. Ce qui faisait que je ne savais jamais quand viendrait la brulure.

Devant mon regard effrayé je vis David réaliser la connexion de la sonde à l’appareil à impulsions. Il se saisit de poids qu’il rajouta aux pinces qui tiraient mes tétons. La douleur à cet endroit était diffuse et chaude, pas désagréable, parfois intense quand il faisait balancer les poids. Puis il pressa des boutons sur l’appareil et je sentis un chatouillement à l’intérieur de ma bite. C’est à ce moment que le coup de palette, au lieu de s’abattre sur mes fesses, tomba sur mes couilles me prenant par surprise et me tirant un cri que personne n’entendit, étouffé par le bâillon.

Les doigts de David couraient sur les touches de l’appareil et le chatouillement se transforma progressivement en contractions désagréables, puis en morsures douloureuses, un peu comme si on m’enfonçait des aiguilles à l’intérieur de ma bite. Il se saisit d'un martinet à multiples lanières et l'abattit sur mon dos sans défense.

La durée des caresses entre les coups de palette se réduisait, augmentant la fréquence des coups qui pleuvaient sur mes fesses, mes cuisses et parfois sur mes couilles, les échauffant petit à petit.

Les aiguilles dans ma bite se transformaient progressivement en clous acérés, au fur et à mesure que David appuyait sur les boutons de l’appareil, et la douleur intense me faisait me contorsionner comme si j’avais pu échapper à cette torture par ma propre volonté. Ces gesticulations incontrôlées et incontrôlables me faisaient tirer sur la ficelle qui m’étirait les bourses. Les lanières mordaient mes reins et mes épaules, débordant allègrement sur mes flans et allant jusqu'à frapper mes tétons douloureusement étirés par les poids qu’elles faisaient se balancer impitoyablement. Il n’y avait plus de caresse désormais sur mes fesses, la palette frappait et frappait encore avec une cadence diaboliquement soutenue, échauffant mes fesses où elle instillait une indicible brulure ne s'aventurant plus pour l’instant sur mes couilles.

Sans le bâillon mes gémissements étouffés auraient été des hurlements alors que David augmentait encore l’intensité des décharges électriques qui me brulaient l’urètre et qu’il amplifiait la force des frappes qui me lacéraient le dos.

Soudainement les coups ne tombèrent plus sur mes fesses ou sur mes cuisses, Stéphane visa exclusivement mes couilles dans une succession de frappes serrées, de plus en plus rapide, instillant une douleur insupportable qui irradiait dans mon abdomen et mes cuisses.

Tout mon corps était soumis à une torture savante. Mes trous étaient tous occupés ; le bâillon sans lequel j’aurais ameuté tout l’hôtel ; le godemichet qui me labourait le fondement, manœuvré par les mouvements de ma tête qui tiraient sur la ficelle qui parallèlement m’arrachait les couilles ; la sonde qui m’électrocutait de l’intérieur de l’urètre et qui me faisait sursauter de façon désordonnée, accentuant la tension de la ficelle reliant mon crâne a mes bourses ; les coups qui s’abattaient inexorablement sur celles-ci et auxquels je ne pouvais échapper ; les lanières qui me labouraient les cotes, le dos et les reins ; mes tétons qui se distendaient tirés par des poids que les lanières venaient exciter ; les poids qui tirent sur le prépuce de ma verge bandée à son maximum. Les tortures me submergeaient de partout en même temps à une cadence infernale me mettant le feu dans tout le corps sans un instant de répit. Je ne savais même pas laquelle est la pire ou la meilleure.

Je croyais être au paroxysme de la douleur lorsque je vis Stéphane abandonner la palette de cuir et se saisir d’une chaussure par la pointe, tapant, devant mes yeux effrayés et effarés, du talon dans la paume de sa main pour m’annoncer les sévices qui allait suivre. Il disparut de ma vue en retournant entre mes jambes écartées et inutiles puis un petit coup vint écraser mes testicules contre la base du godemiché faisant exploser une douleur intolérable dans mon bas ventre et propulsant le membre de latex dans mon fondement.

Pourquoi ai-je accepté… Que dis-je ? Pourquoi ai-je demandé à subir ça ? Tout le cauchemar de la séance où je faillis perde la vie se présentait à moi mais dans mes souvenirs, ceux que je tentais vainement d’oublier, la douleur n’était pas aussi insupportable. Je devais trouver un moyen pour faire cesser ce calvaire car je savais qu’eux n’arrêteraient pas, puisque je leur avais fait promettre de ne pas arrêter. Mais j’avais du perdre l’entendement alors car, même s’ils ont prirent des initiatives, dans l’ensemble ils me firent subir ce que je leur avais demandé de me faire subir. Il n’y avait aucun espoir que j’arrive à ma libérer de ces liens experts, d’autant plus qu’en tirant sur mes bras je tendais la corde qui m’arrachait les couilles. La situation était désespérée mais je bandais. Aussi incroyable que cela puisse paraître je bandais comme un damné. Une partie de moi voulait que ça s’arrête mais une autre partie voulait atteindre l’orgasme qui promettait d’être phénoménal.

Un second coup de talon tomba sur mes couilles, y apportant une douleur indescriptible qui se mêlait au plaisir pervers procuré par le membre en latex qui comprimait ma prostate. David, tout en continuant à me flageller le dos tira sur les pinces qui m’arrachaient les tétons. Il demanda à Stéphane d’intensifier les coups (je ne croyais pas que ce fut possible ni supportable) et la cadence. Alors que les coups tombaient avec une régularité diabolique, apportant à chaque fois une douleur plus extrême, et que je n’avais aucun moyen de m’y soustraire, David me retira la pince de mon téton gauche et une immense brulure me parcourut le torse me faisant gémir dans mon bâillon. Puis, quelques instants, et quelques coups sur mes couilles, plus tard, il tira sur le poids pendu à l’autre pince jusqu’à l’arracher dans une déflagration de douleur cent fois plus intense dans ma poitrine.

- Accélère, dit-il à Stéphane en se saisissant de ma bite.

C’est alors que je fus submergé par la jouissance la plus intense que j’ai jamais connu. J’eus la vue qui se brouilla et une onde de plaisir qui vint tout emporter au passage. Les coups sur mes couilles, qui n’avaient jamais été aussi forts et répétés, n’engendraient plus aucune douleur, pas plus les lanières qui zébraient mes reins. Tout fut balayé au passage de mon orgasme. J’eus l’impression que je n’y survivrai pas, que mon cœur allait exploser.